jeudi 29 septembre 2016

Des bombardements qui veulent étouffer les élections

La fuite en avant de Kiev encouragée par les occidentaux


Le 2 octobre des primaires ouvriront la campagne électorale à Donetsk et Lugansk préparée avec rigueur depuis le mois d'août et dont l'enjeu final est de montrer au Monde la maturité et la légitimité des jeunes Républiques du Donbass.

A Kiev bien sûr cette action politique sociétale irrite autant qu'elle inquiète car elle constitue une nouvelle et capitale avancée dans la création des Républiques séparatistes du Donbass qui vont prouver qu'elles ne sont pas un territoire pris en otage par une poignée de "terroristes russes" mais bien des peuples usant du droit a disposer d'eux mêmes conforme au principe énoncé par le droit international.

Aussi cette crispation ukrainienne se traduit-elle tant dans le feu des clabaudages des députés de la Rada (parlement ukrainien) et  que dans celui des canons ukrops qui sur le front du Donbass ont repris leurs aboiements nocturnes.

Ainsi au cours des derniers jours la seule République de Donetsk a subi plus de 200 violations du cessez le feu réalisés par les mortiers, les chars, les véhicules de combat d'Infanterie, lance grenades automatiques et autres armes légères situées à portée de tir des positions républicaines. 
"Comme d'habitude" serait-on tenté de dire, ce sont les secteurs de Yasinovataya (où une maison), Spartak, Aleksandrovka et Petrovsky autour de Donetsk qui ont été frappé ainsi que Zaitsevo, Krasni Partizan du côté de Gorlovka au Nord ou Dokoutchaïevsk et Sahanka au Sud de Donetsk.

Malgré ces provocations, le Président de la République de Donetsk, Alexander Zakharchenko a ordonné aux forces républicaines de maintenir le-feu inconditionnel décrété le 15 septembre dernier. En effet ce cessez le feu (encore plus sensible dans le contexte du scrutin électoral à venir) est important pour montrer la volonté de la République de se conformer à l'accord négocié par le Groupe de contact de Minsk à la fin du mois d'Août.


Cette détérioration de la situation, provoquée par les ukrainiens n'est pas seulement liée à l'événement électoral se préparant dans le Donbass et que Porochenko qualifiait l'année dernière sa réalisation éventuelle de "casus belli" et rupture de la trêve. 

On peut également observer dans le même temps la résistance de la quasi totalité de l'appareil politique ukrainien aux recommandations des ministres francais et allemand des affaires étrangères concernant le déblocage des accords de Minsk. Mais c'est surtout le positionnement des occidentaux qui dévoilent les réelles intentions des USA et leur volonté de se maintenir coûte coûte en Ukraine pour faire pression sur Moscou 
  • Autorisation par le Sénat étasunien de livrer des armes létales "de défense" à Kiev
  • Accusation contre la Russie dans le dossier du crash du vol MH17 en 2014
  • Refus de l'OSCE d'observer le déroulement du scrutin électoral, etc...
Ces différentes actions du système ont un double objectif : celui de provoquer la Russie et de relancer une russophobie dans l'opinion publique. Ils révèlent surtout la grande confusion de la politique étrangère étasunienne incohérente entre les discours et les actes qui révèlent le refus arrogant et même pathologique de l'Oncle Sam a accepter le moindre compromis ou discussion que ce soit avec ses partenaires ou ses concurrents  ou avec ses ennemis déclarer qu'il entreprend alors de diaboliser.

Cette stratégie occidentale de duplicité pour saboter les efforts de paix, dont l'aggravation de la situation en Syrie est l'exemple le plus vif, a pour conséquence d'encourager les ukrainiens a relancer leurs attaques contre le Donbass.

Cette stratégie des ukrops vise autant militairement les gens du Donbass qu'elle lance un message politique pour signifier que Kiev n'acceptera jamais pas les conditions définies dans les accords de Minsk (statut spécial, élections locales notamment) à l'exception de la loi d’amnistie qui proposerait le consensuel échange des prisonniers (si elle est votée !).

Le danger de voir Kiev tenté de briser le processus électoral est donc très important, même si de nombreux observateurs internationaux sont présents et dans ce cas deviennent les témoins potentiels des violations engagées, car Washington n'a que faire de sacrifier son fou ukrainien pour pouvoir avancer sa tour vers Moscou.


Erwan Castel, volontaire français en Novorossiya



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Erwan








mercredi 28 septembre 2016

La Vérité est en marche

Le scrutin de la maturité et de la vérité

Le Président Zakharchenko, malgré la guerre assure la marche en avant de la jeune République de Donetsk
Les jeunes Républiques populaires de Donetsk et Lugansk ont entamé avec la plus grande rigueur et transparence les procédures électorales en vue des prochaines élections prévues en fin d'année. 

En ce moment se déroulent les Primaires, qui suivent à la lettre un processus d'organisation préliminaire du scrutin et qui a été  préparé par un comité d'organisation électorale ayant rendu public le 15 août dernier un “Règlement sur la préparation et la tenue de primaires”, fruit d'un travail rigoureux, détaillé et respectueux des principes démocratiques régissant un vote populaire.


Un scrutin qui donnera, quels que soient ses résultats, la victoire à la Vérité

Ces élections, dont la tenue menée dans une zone ravagée par la guerre est un véritable challenge et sont pour le Donbass d'une importance capitale, car elles offrent par leur portée médiatique une occasion de montrer la réalité et la maturité de ces jeunes Républiques nées dans le feu de la guerre.

Kiev bien évidemment refuse de considérer ce scrutin légitime, bien que la tenue d'élections locales fasse partie des accords de Minsk et a même été rappelée dans les recommandations des Ministres des Affaires Etrangères de France et d'Allemagne à Kiev en début de mois. Pire que ça nombre de politiciens ukrainiens considèrent ces élections comme une "mascarade" quand ce n'est pas carrément un "casus belli" !
Ces réactions viscérales des parlementaires ukrainiens ne font en réalité que révéler leur peur de voir éclater au grand jour la réussite politique et sociétale des "terroristes" du Donbass tandis que le bateau ivre ukrainien s'enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos malgré les tricheries désespérées tentés par les occidentaux pour l'écoper et retarder son naufrage.

Aussi, fidèles à leur stupidité haineuse, les ukrops ont recommencé leurs bombardements à la veille de la tenue de ses Primaires électorales, ne réalisant même pas que loin de saboter le processus électoral, ils renforcent au contraire cette "Union sacrée" que les guerres génèrent et qui soude dans une destinée commune toutes les forces politiques, mêmes les plus divergentes.

En effet le processus engagé pour l'organisation et la tenue de ces élections qui espérées ou haïes n'en seront que plus observées uni dans une convergence d'actions les électeurs et les politiciens des Républiques populaires. Ce scrutin est une sorte d'acte de confirmation du travail réalisé depuis plus de 2 ans par les femmes et les hommes de Donetsk et Lugansk pour faire valoir leur droit à disposer d'eux mêmes.

D'où l'importance vitale de présenter au monde (et même avec un certain zèle) des élections équitables et irréprochables.


Ces élections, quelles que soient leurs résultats, donneront la victoire au Donbass car elles montreront :
  • Une maturité et le sérieux organisationnel des jeunes Républiques de Donetsk et Lugansk
  • Une cohésion d'un peuple continuant à conduire lui-même sa construction sociétale
  • Une politique indépendante des influences étrangères, amicales ou hostiles 
  • Une fenêtre ouverte sur la réalité sociétale du Donbass en dehors des propagandes 
Pour ce faire, les autorités des Républiques ont invité des observateurs et des journalistes étrangers (et mêmes hostiles) à venir couvrir l'événement politique et par la même occasion a constater le niveau sociétal atteint malgré le guerres et les bombardements destructeurs incessants de l'artillerie ukrainienne. Car ces observateurs n'iront pas seulement dans les bureaux de vote, mais également dans les magasins et les marchés fournis des villes comme dans les ruines des quartiers et villages soumis au feu génocidaire de Kiev.

Voilà pourquoi Kiev a peur de ces élections, car elles vont surtout donner le coup de grâce aux mensonges de la propagande de guerre occidentale. En effet en montrant au monde la Vérité sur le Donbass, ces élections vont également montrer par comparaison l'échec cuisant de la société artificielle sortie du Maïdan et les crimes organisés par son idéologie nationale oligarchique contre la population civile du Donbass.


Un homme d'honneur forgé par le feu de la guerre


Alexandre Zakharchenko incarne à la fois le résistance militaire et cette espérance civile du Donbass à construire une société nouvelle débarrassée de ses atavismes totalitaires et oligarchiques et en chef responsable il réalise à travers la tenue de ces élections un engagement politique pris l'année dernière auprès des femmes et des hommes qui lui avaient accordé sa confiance.

Retour sur le parcours exceptionnel d'un homme du Donbass

Voilà un homme que le feu de la guerre aura révélé tel un cristal sortant d'une forge, Aleksandr Vladimirovitch Zakhartchenko, 40 ans est un homme du Donbass, père de 3 garçons qui s'est engagé dès les premières heures pour la défense de son peuple. 

Après des études à l'institut technique d'industrie automatisée de Donetsk, celui que l'on nomme affectueusement "Zakhar" travaille comme électromécanicien des mines, avant de devenir entrepreneur après des études de droit à l'institut juridique de Donetsk. 

Lorsque le régime du président Ianoukovitch est renversé en février 2014 par l'insurrection du Maïdan et qu'à l'issue du coup d'état constitutionnel, les populations russophones du sud Est de l'Ukraine se sont retrouvées ostracisées par les nouveaux maîtres de Kiev, Aleksandr Zakharchenko a été parmi les premiers a demander un référendum démocratique populaire proposant une fédéralisation afin de garantir les identités des peuples d'Ukraine, comme par exemple la reconnaissance de leur langue maternelle, brutalement interdite par les nationalistes de Kiev.

Le régime de Kiev soutenu par les états soit-disant démocratiques (dont beaucoup sont d'ailleurs sur un système fédéraliste) a alors provoqué des massacres (Odessa, Krasnoarmaeisk, Mariupol etc...)  et déclenché une "opération spéciale" brutale et disproportionnée contre la population du Donbass. Les fédéralistes deviennent logiquement séparatistes et la rébellion politique devient militaire, "Zakhar" prend le commandement du bataillon "Oplot" et participe victorieusement à la défense du territoire assiégé par les soudards de Kiev. 


Nommé major par Igor Strelkov, Aleksandr Zakharchenko est nommé Commandant des forces militaires d'autodéfense de Donetsk (mai 2014), puis il devient vice-ministre de l'Intérieur de la république populaire de Donetsk. En août 2014 il est nommé 1er ministre en remplacement de Alexandre Boradaï. Le 2 décembre 2014, il est élu Président de la République de Donetsk.

Ce jeune Président de la DNR n'est pas un commandeur en carton, mais un officier sorti des rangs ensanglantés de la milice au sein de laquelle il a risqué souvent sa vie, et il garde le sens d'un chef de terrain qui juge directement les situation appelant ses prises de décisions.

Plus que jamais cet homme auréolé de victoires militaires et politiques est la cible numéro 1 des soudards de Kiev :

- Le 30 août 2014, il échappe à un attentat qui blesse le chauffeur de son véhicule
- Le 14 février 2015, l'artillerie ukrainienne vise et manque sa résidence tuant 2 civils
- Le 17 février 2015, Zakhartchenko est blessé à la jambe dans la bataille de Debaltsevo 
- En août 2016, un nouvel attentat à l'explosif est déjoué contre sa personne 

Dès ses prises de fonctions politiques, "Zakhar" impose un style de commandement basé sur l'exemple. Il n'hésite pas a se porter en première ligne pour rencontrer ses soldats, mais aussi les prisonniers ukrainiens. Réaliste et humaniste à la fois, cet homme, révélé par le feu est aujourd'hui reconnu comme un leader exemplaire attaché à défendre la liberté de son peuple. Soucieux de chaque goutte de sang versé (y compris du côté ukrainien) Aleksandr Zakharchenko cherche a obtenir la paix par tous les moyens, mais pas au prix de la Liberté, que le Donbass défendra par les armes si nécessaire, jusqu'au dernier homme. 


Un bilan à la taille du défi 

L'exercice déjà difficile du Pouvoir, devient périlleux en tant de guerre, et la situation de la République de Donetsk dont le bastion est ceinturé par une ligne de feu meurtrier ne laisse pas le droit à l'erreur ni même au retard dans les décisions prises par son gouvernement....

Peu sont les hommes qui dans l'Histoire ont eu a construire un bateau au milieu d'une mortelle tempête comme cet Alexandre Zakharchenko qui relève avec courage depuis 1 an l'incroyable défi de porter la création d'une nouvelle République au milieu d'une guerre économique, politique et surtout militaire disproportionnée menée contre son peuple...
Il ne faut pas l'oublier car ici dans le Donbass bombardé, plus que jamais "si la critique est facile, l'art est difficile !"

Aussi et malgré la guerre qui fait rage sur ses frontières, et le blocus économique entrepris par Kiev, la jeune République, qui aurait pu se laisser enfermer dans une résistance désespérée aux portes de sa cité, s'est au contraire engagée avec vitalité et au delà d'une simples restauration de ses ressources, à une véritable édification sociétale innovante et ambitieuse :
  • Redressement économique avec notamment la collecte des impôts des entreprises 
  • Redressement social, avec la restauration du paiement des retraites et allocations sociales
  • Redressement des services, avec les réparations des distributions gazières et électriques
  • Création sociétale avec des programmes dans l'enseignement, la culture, les personnes handicapées etc...
  • Sécurisation de la population et contrôle des organismes et partenaires intervenants sur le territoire...
  • Programme de reconstruction des logements détruits et reprise des chantiers abandonnés etc...
Dire de ce bilan qu'il est positif est un doux euphémisme, car il y a deux ans, celui qui l'aurait prétendu réalisable aurait été pris pour un fou inconscient, et si les défis ont été relevés avec succès c'est autant grâce au courage exceptionnel et la singulière capacité de résilience du peuple du Donbass, que par le travail exemplaire de ses dirigeants emmenés par le commandeur "Zakhar"

Mais si la priorité est d'offrir au peuple du Donbass une société meilleure et garante de son identité et ses libertés, le Président Zakharchenko rappelle à chaque occasion, avec fermeté que la Paix tant espérée par tous ne peut être bradée à n'importe quel prix, et notamment en abandonnant à leur sort dramatique les territoires de Mariupol, Slaviansk, Kramatorsk et autres localités encore sous la botte des unités d'occupation ukrainiennes.

Spontané et franc, il offre l'image d'un homme politique qui malheureusement a disparu depuis longtemps de nos palais occidentaux soumis à la corruption décadente. "Zakhar" lui,  a fait don de sa personne avec humilité et noblesse et il assume avec intelligence, les très lourdes responsabilités d'un commandeur pris dans la tempête de la guerre.

Cet homme n'a pas besoin de préparer ses discours avec des "conseillers en communication", calculant une capitalisation électoraliste de billevesées médiatiques,.
Cet homme n'a pas besoin de maquilleuse et studio chèrement aménagé dans un palais doré, pour séduire les esclaves de la société du spectacle et du paraître.

Non, cet homme qui a fait don de sa personne au Donbass cherche tout simplement à "être", et se mettre au service de son peuple en écoutant par dessus tout son coeur. 


Pour terminer cet article dont j'assume pleinement le style élégiaque, je donnerai ici les chiffres plus prosaïques d'un sondage réalisé entre les 5 et 24 septembre 2016 auprès de la population de Donetsk interrogée sur le niveau de confiance qu'ils ont envers leur Président Zakharchenko :
  • 57 % ont exprimé leur totale confiance en Zakharchenko 
  • 16% ont déclaré être indécis
  • 10 % ont refusé de participer au sondage
  • 17 % déclarent vouloir voter pour un autre candidat
Ce sondage qui a été réalisé auprès de 1200 personnes est la preuve s'il en était besoin du climat de liberté qui règne à Donetsk cette ville décrite par la propagande occidentale comme "prise en otage et bâillonnée par des terroristes russes", mais c'est surtout un témoignage de confiance exprimé envers cet homme qui s'est jeté par devoir dans le grand tourbillon de l'Histoire, allant jusqu'au bout de son engagement sur le chemin de l'Honneur pour servir avec abnégation son peuple engagé dans une lutte à mort pour défendre sa Liberté.

Un grand respect donc pour cet homme qui a offert sa vie à son pays,au risque de la perdre à chaque instant et qui je l'espère va pouvoir continuer grâce à ces élections prochaines à continuer la construction d'une société libre rêvée par la grande majorité de la population du Donbass, car il incarne mieux que personne cette rébellion contre l'esclavage du Monde Moderne !  

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


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Erwan





Quand le FMI enlève son masque

Source de l'article, le lien, ici : le Saker Francophone

Suicide du FMI en Ukraine :
une décision mémorable


A Momentous Decision About Ukraine: The Suicide of the IMF

Par Valentin Katasonov – Le 21 septembre 2016 – Source Strategic-Culture

Le Fonds monétaire international était perché sur une branche précaire qu’il a coupée. Le Conseil d’administration du FMI s’est réuni à Washington le soir du 14 septembre 2016. La grosse question dans leur agenda était de savoir s’il fallait faire un chèque de $1 milliard à l’Ukraine. Et ils l’ont fait. Sauf l’administrateur représentant la Russie, qui a voté contre le paiement.

Ce ne fut pas un événement ordinaire, mais il aura un impact, d’abord et avant tout, sur le sort du Fonds monétaire international.

L’argent en question fait partie d’un accord avec le FMI pour fournir à l’Ukraine $17,5 milliards de dollars en prêts, en vertu d’un programme de quatre ans pour soutenir l’économie ukrainienne, qui a été étudié avec la participation active du FMI. Le financement étranger pour ce programme, y compris le prêt du FMI, totalise $40 milliards de dollars. Dans le cadre de ce programme Kiev a reçu sa première tranche de $5 milliards de dollars, suivie par une seconde de $1,7 milliard, et attend de nouveaux décaissements. Cependant, le troisième versement, prévu fin 2015, n’est jamais arrivé. Le processus s’est arrêté.

L’explication officielle était centrée autour du fait que l’Ukraine a été incapable de respecter ses engagements. C’était particulièrement vrai surtout quand il s’est agi de diverses réformes promises dans le système d’imposition, la sécurité sociale, les tarifs des services fournis par des entreprises commerciales du secteur, et ainsi de suite. Le FMI a également cité le manque de progrès dans la privatisation, la lutte contre la corruption, etc. Cette liste de griefs a été mise à jour et modifiée presque tous les mois.

Pour mémoire, l’Ukraine a jusqu’à présent réussi à tirer un total d’environ $20 milliards du FMI depuis 1994. Un coup d’œil sur la documentation de ces années montre que l’Ukraine n’a jamais respecté ses obligations dans leur intégralité, mais l’argent du FMI n’a cessé de couler. Donc, quelque chose d’autre a dû se passer.

Lorsque l’Ukraine devint un sujet mondial brûlant au début de 2014, les États-Unis ont commencé à utiliser Kiev pour faire pression sur la Russie – et des changements radicaux ont commencé à prendre place dans la vie du FMI. Oncle Sam est le plus gros actionnaire du fonds – il a une majorité de blocage dans le capital et les droits de vote de cette institution financière internationale – et avec une impudeur totale, il a commencé à instrumentaliser le FMI comme outil pour faire avancer sa propre politique ukrainienne. La décision du FMI d’émettre le dernier emprunt remonte au début de l’année dernière, suite à une pression sans précédent de son plus gros actionnaire. Mais cette décision a été prise contre la loi, et tous les membres du Conseil d’administration du Fonds, y compris la directrice générale Christine Lagarde, le savaient.

Tout d’abord, l’offre précédente du FMI d’étendre son crédit à l’Ukraine en 2014 n’était plus en vigueur. La raison en est très simple : l’emprunteur n’est pas solvable. On pouvait penser que cela aurait fermé le chapitre des relations du FMI avec son client. Cela avait été la réponse du FMI à de nombreux pays depuis des décennies. Mais quelque chose sans précédent s’est produit : ce client insolvable s’est vu offrir un nouveau contrat de prêt au printemps 2015, à des conditions beaucoup plus favorables que le précédent.

La deuxième difficulté, encore plus significative, est le fait que le fonds n’est pas autorisé à émettre des emprunts pour des raisons politiques. Les règles de cette organisation sont clairement écrites, noir sur blanc : les prêts ne sont pas octroyés à des pays en guerre. Il faudrait être aveugle pour nier le fait qu’une guerre sanglante faisait rage en Ukraine au printemps 2014. Toutefois, Mme Lagarde et d’autres fonctionnaires du FMI ont reçu l’ordre du plus gros actionnaire du fonds d’obéir aveuglément. Voilà l’environnement dans lequel ils ont pris leur décision au sujet d’un accord de prêt à l’Ukraine.

Le FMI a toujours été une institution politisée et un outil important de la politique étrangère américaine. Cependant, Washington et le fonds ont, tous deux, observé des normes minimales de bienséance, agissant selon les règles qui avaient été formellement approuvées par tous les membres de l’organisation. Parfois, ils ont essayé de changer ces règles pour mieux répondre à leurs besoins, mais ils l’ont fait dans le cadre des procédures existantes.

Aujourd’hui, aucun sens des convenances n’a prévalu. Un accord de prêt de $3 milliards, signé en décembre 2013, entre la Russie et l’Ukraine a expiré en fin d’année dernière. Selon les termes du prêt, la Russie utilisait l’actif de son propre Fonds national de santé pour acheter des obligations en euros émises par le Trésor de l’État ukrainien. Bien avant la date d’échéance, le gouvernement ukrainien – aiguillonné par Washington – a commencé à annoncer que le prêt ne serait pas remboursé, exigeant que Moscou restructure la dette de la même manière que Kiev avait réussi à restructurer d’autres dettes étrangères en Euro Bonds au cours de l’été 2015.

Mais cette restructuration de la dette en Euro Bonds concernait des titres achetés par des investisseurs privés. La Russie est dans une catégorie différente. La dette de Kiev à Moscou, pour $3 milliards, est un exemple classique de dette souveraine. Kiev répugne à l’admettre, en essayant d’assimiler celle-ci à une dette due aux détenteurs privés d’obligations en euros. Le FMI prétendait que le différend entre Moscou et Kiev ne le concernait pas.

Mais en même temps, Christine Lagarde et d’autres responsables du fonds étaient bien conscients que ce problème de la dette pourrait avoir un impact sérieux sur l’avenir de l’institution financière internationale. Après tout, un refus catégorique de remboursement, de la part de Kiev, pour une dette à Moscou signifierait un défaut complet. Arrivé à ce point, le programme entier pour ressusciter l’économie ukrainienne, grâce à l’accord sur le prêt le plus récent, serait sorti des rails. Et ce serait inacceptable, puisque le plus gros actionnaire insiste pour que le FMI soutienne le régime de Kiev sans condition.

Mais l’an dernier, le fonds a été obligé d’ admettre que un plus un font deux, c’est à dire que la dette de l’Ukraine à la Russie est une dette souveraine. Sous la pression de Washington, le FMI a simultanément fait un pas supplémentaire. Il a apporté des changements révolutionnaires à ses règles de prêt, «juste pour l’Ukraine». Les nouvelles règles assurent qu’il est possible de continuer à étendre le crédit à un pays, même s’il fait complètement défaut sur sa dette souveraine. Cependant, une provision a été incluse disant que le prêt ne pourrait continuer que si le pays débiteur démontrait un «effort de bonne foi» pour parvenir à un accord avec son pays créancier.

Après cela, tout s’est déroulé sans accroc. En décembre 2015, Kiev a officiellement déclaré qu’il ne paierait pas sa dette à la Russie. Cela signifie un défaut complet sur sa dette souveraine. Mais personne au FMI n’a noté que cela était arrivé ! Même les agences de notation mondiales – qui ajustent généralement leurs évaluations chaque fois qu’un pays débiteur éternue – «n’ont pas remarqué».

Et Kiev a commencé à se comporter avec une audace sans précédent une fois qu’elle se sentait en toute sécurité sous l’aile de l’Oncle Sam, en clamant que la dette à la Russie ne serait jamais remboursée. Il n’y eut même aucune tentative de fabriquer l’apparence que la nation débitrice agissait de «bonne foi» pour résoudre ses problèmes de dette avec le pays créancier. Moscou a porté la question de la dette de l’Ukraine devant un tribunal international, mais il semble que ce dernier va prendre tout son temps pour se prononcer sur la question.

Il ne serait pas exagéré de dire qu’il y a eu une révolution dans la finance mondiale à la fin de 2015. Au fil du temps, elle va envoyer une puissante vague de chaos dans le système financier mondial. Ce système a été privé des règles et des lignes directrices les plus rudimentaires qui avaient auparavant sauvegardé les marchés mondiaux en évitant l’entropie des finances.

La vie n’a pas été facile l’année dernière pour Christine Lagarde, la directrice général du fonds. Elle est bien consciente que le nihilisme qui prospère actuellement au FMI pourrait mal finir pour cette institution. Elle a résisté à la pression de son plus gros actionnaire comme elle le pouvait, mais l’Oncle Sam a eu recours à des moyens de pression éprouvés sur les fonctionnaires publics.

L’an dernier, un tribunal français a commencé à enquêter de façon inattendue sur Mme Lagarde pour d’éventuels abus de pouvoir alors qu’elle était ministre française des Finances. Cependant la poussière est vite retombée sur cet épisode juridique, signalant que la directrice générale du FMI a succombé aux «arguments» avancés par son plus gros actionnaire.

Pendant quelques mois, Lagarde a traîné les pieds comme elle pouvait, en essayant d’éviter le cauchemar qui s’est néanmoins produit le 14 septembre à la réunion du conseil d’administration du FMI. La raison pour laquelle la décision de fournir à l’Ukraine le prochain versement du prêt était reportée continuellement n’est pas parce que Kiev «ne remplit pas» quelques conditions – ce pays n’est pas en mesure de remplir quoi que ce soit – il s’agissait seulement d’un peu de théâtre chorégraphié par Mme Lagarde. Mais finalement le metteur en scène – Oncle Sam – est intervenu et a dit à la bureaucrate d’arrêter de foutre la merde. Oncle Sam se moque de la «reprise économique» de l’Ukraine, mais les États-Unis ont besoin de ce pays – sous son régime actuel – comme un outil pour continuer à mettre la pression sur la Russie. Donc, la contrainte politique et militaire n’est pas suffisante, il faut y ajouter la financière. Le FMI est essentiel pour arriver à ces fins.

Le récent comportement irresponsable de Washington envers le FMI rappelle Érostrate – le pyromane légendaire de la Grèce antique – mettant le feu au temple d’Artémis. Pendant sept décennies, le fonds a été un outil utile de politique étrangère pour les États-Unis, mais maintenant ces jours heureux s’achèvent pour Washington. La grande majorité des membres du FMI en a marre de la mainmise de l’Amérique. Et finalement le mécontentement a conduit au début du processus de réforme du fonds, surtout en ce qui concerne la révision des quotas de parts de capital et des voix attribuées à ses pays membres. Dans un proche avenir cela pourrait entraîner une perte de la participation majoritaire des États-Unis dans le capital et le pouvoir de vote du FMI. Ce n’est pas ce genre de FMI dont Oncle Sam a besoin.

Ce n’est pas la Russie qui a pris le plus gros coup lors de la session de vote du 14 septembre au conseil d’administration du FMI. La principale victime est le fonds lui-même. Ainsi que le système financier global qui a évolué au cours des sept décennies depuis la Seconde Guerre mondiale.

Valentin Katasonov

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

mardi 27 septembre 2016

La fin annoncée d'un système

Le Donbass marque la fin de l'hégémonie occidentale néo-coloniale 


La crise ukrainienne marque certainement un tournant dans l'histoire politique du monde occidental, par un coup d'arrêt à l'expansion d'un monde unipolaire dirigé par Washington.

Depuis le XXème siècle l'Europe est soumise à une stratégie étasunienne grandissante qui, en pratiquant une hégémonie néocolonialiste de plus en plus agressive, via des guerres, des révolutions, des coups d'état cherche à asservir les territoires visés à ses intérêts militaro-industriels. Cette stratégie d'asservissement est protéiforme et connaît différentes déclinaisons néo-coloniales, allant de l'hégémonie culturelle à l'occupation militaire en passant par la dépendance économique. 

Les dernières opérations de préemptions territoriales menées par Washington ont rencontré des difficultés grandissantes provoquant même des enlisements improductifs et coûteux (Afghanistan, Irak, Syrie) quand ce ne sont pas des défaites géostratégiques cinglantes (Libye, Crimée)

Lorsque le Donbass se soulève en 2014 contre le coup d'état du Maïdan, il ouvre une nouvelle dimension dans le résistance au Nouvel Ordre Mondial, car bien que soutenu idéologiquement par la Russie, il organise seul  sa rébellion contre le système étasunien en exprimant une revendication identitaire indépendante...
Face à lui, le régime national-oligarchique de Kiev est en échec, échec politique, économique, social et surtout écartelé entre des influences nationales et étrangères diverses et dont les objectifs militaires et politiques exprimés sont (en apparence) contradictoires.


La volonté de maintenir un plaie ouverte...

Par exemple, alors que l'objectif militaire d'une guerre est normalement la conquête territoriale, on observe depuis 2014 sur le front du Donbass, une stratégie militaire ukrainienne qui, même si on met de côté les erreurs stratégiques et tactiques pathétiques des premiers mois (stagnation devant Slaviansk, enfermement dans les chaudrons au Sud...) révèle plutôt une volonté d'enliser cette guerre sur un long terme.
Lorsque la résolution militaire d'un conflit est impossible (ce qui est le cas aujourd'hui) la solution politique est alors normalement recherchée. Or ici aussi on s'aperçoit que les solutions pacifiques proposées ne sont de la poudre aux yeux habillant cyniquement une volonté d'installer un chaos et de faire durer un conflit insoluble et dont le seul avantage aujourd'hui pour la Maison Blanche est d'être un prétexte pour soumettre l'Ukraine à une militarisation étasunienne.

Pendant tout le XXème siècle, les USA ont développé une stratégie de domination politique cherchant a éviter une soumission politique ouverte. L'Union Européenne pendant des décennies a été un exemple flagrant de cette hégémonie cachée qui laisse croire que les états occidentaux conservent quant à eux leurs entières et libres souverainetés dans les relations mises en oeuvre avec Washington.
La série des révolutions colorées, contestations populaires récupérées ou provoquées par Washington pour organiser le contrôle du pays a fonctionné pendant près de 20 ans, transformant les peuples manipulés en objets servant une politique internationale et étrangère à leurs ambitions exprimées initialement.

Cette politique de préemption a fonctionné tant que la propagande mensongère sur laquelle est basée sa stratégie néocoloniale cachée n'a pas été démasquée. Mais aujourd'hui il n'y a guère plus que les imbéciles et les collabos qui refusent de reconnaitre dans le Maïdan la main de Washington... Le temps de l'imposture est terminée où les occidentaux, via des ONG et des nouveaux philosophes serves manipulaient impunément les peuples au nom de leurs propres souveraineté et liberté !

La rébellion du Donbass est à ce titre exemplaire et constitue même un tournant historique car elle illustre non seulement l'échec cuisant de l'impérialisme étasunien en Europe mais elle redessine un échiquier géopolitique dénonçant ses frontières artificielles en revendiquant une identité naturelle qui bien qu'appartenant au monde russe n'en est pas moins autonome dans ses aspirations. 

Face à cette nouvelle situation d'échec, l'impérialisme étasunien qui ne veut pas renoncer à ses ambitions en Ukraine dans laquelle il a planté ses griffes, espère pouvoir attendre une nouvelle redistribution des cartes voire même l'apparition d'un nouveau joueur ukrainien plus consensuel que l'actuel Porochenko dont l'échec lamentable menace même les petits acquis du Maïdan.

L'intérêt pour Washington est donc de stabiliser une plaie ouverte tout en attendant l'arrivée de la prochaine marionnette kievienne. . 


Une victoire de Trump peut-elle changer la situation ?

Beaucoup de commentateurs pensent que Trump en cas de victoire aux prochaines présidentielles étasuniennes va mettre fin à cette nouvelle guerre froide opposant Washington à Moscou. Même si les discours du candidat républicain laissent à penser cette stratégie cette dernière malheureusement tel un train fou lancé à grande vitesse ne dépend pas seulement de la volonté d'un seul homme fut-il le conducteur.

A l'entendre, Trump préconise un retour à la doctrine Monroe de non ingérence réciproque entre l'Europe et les USA et à une normalisation des relations avec une Russie considérée comme un partenaire ayant droit de défendre des intérêts différents de ceux de la Maison Blanche. A l'écouter on pourrait même croire que Trump est partisan d'un monde multipolaire remisant l'impérialisme étasunien dans un placard à balai du passé.

Personnellement j'ai bien peur que cela relève d'une interprétation rêvée, car d'une part il existe un pouvoir profond aux USA surpuissant et que même un homme comme J.F. Kennedy n'a pu soumettre et que d'autre part la crise systémique vécue par le Nouvel Ordre Mondial ne lui laisse aujourd'hui pas d'autre choix que de poursuivre la fuite en avant dans laquelle il s'est lancée.

D'ailleurs, même les déclarations isolationnistes de la doctrine Monroe n'avaient pas tenu longtemps dans leurs théorie, car la neutralité internationale morale et juridique n'ayant jamais été respectée, l'auto-isolement politique étasunien s'est rapidement exprimé par la mise en oeuvre de son contraire, à savoir le droit à un interventionnisme illimité basé sur le faux prétexte d'une défense imaginaire. Ceci a été très bien démontré par Carl Schmitt dans "Changement de structure du droit international"(1943). Aussi lorsque Trump déclare vouloir apaiser les relations entre Moscou et Washington il oublie de préciser  "dans les limites des intérêts étasuniens" Or ces derniers ne sont pas définis par le pouvoir politique qui en revanche vitalement en dépend...

Les néo-conservateurs ont lancé les dès depuis longtemps en misant tout sur une table de jeu qui brûle. Si Trump (qui ne l'oublions pas fait partie du système) gagne les élections, la roulette certes tournera moins vite (au début) mais ne changera pas de direction, surtout si la nouvelle équipe de la Maison Blanche hérité de caisses vides que seules des guerres peuvent renflouer...


La guerre du Donbass : un conflit livré à lui-même

Cette guerre asymétrique qui s'est déclarée dans le Donbass, par les victoires militaires et politiques éclatantes des Républiques autoproclamées de Donetsk et Lugansk a surpris les joueurs occidentaux s'étant aventurés sur l'échiquier géopolitique slave. Plus que l'échec politico-militaire de leur valet kiévien, c'est surtout un aveu d'impuissance qui frappe la stratégie occidentale en Ukraine, dont la politique qui a déclenché la crise du Maïdan a vu son rapport enjeux/menaces initial anéanti successivement par le retour en Russie de la Crimée et la sécession du Donbass et la perte de contrôle de ses collabos locaux.

Comme en Syrie où l'option militaire est mise en échec par l'entrée de la population dans la résistance au Nouvel Ordre Mondial, dans le Donbass la rébellion des populations de Donetsk et Lugansk, même si elle peut être rattachée idéologiquement à la Russie, est aujourd'hui indépendante des intérêts des blocs qui sur le plan international s'affrontent,. 

Actuellement ni la Russie qui maintient sa politique de non interventionnisme militaire ni les USA qui veulent d'abord assurer en priorité leur contrôle de Kiev n'ont envie de voir le conflit exploser à nouveau. L'un et l'autre pour des raisons différentes jouent la montre. Sur le terrain les milices d'autodéfense qui avaient vaincu l'armée ukrainienne en 2014 sont devenues des armées organisées et modernisée regroupant 60 000 hommes entraînés et aguerris capables de défendre victorieusement leurs territoires.

C'est l'immense échec de Washington qui voulait sauver l'échec de la crise ukrainienne en une confrontation directe avec Moscou, relançant ainsi une vision bipolaire d'un monde en guerre dans laquelle ils auraient joué le rôle de d'occupant protecteur d'une Europe aux abois. Mais cette stratégie non seulement a été un lamentable coup d'épée dans l"eau, Moscou ne répondant à aucune provocation, mais Kiev s'est même retrouvé mis en échec par des composantes de son propre territoire politique : les populations de Crimée puis du Donbass ont refusé elles mêmes l'agression occidentale orchestrée par les USA sur la Maïdan et ont fait sécession. 

La confrontation bipolaire espérée par Washington n'est pas arrivée, et les USA doivent désormais faire face à une résistance multipolaire dans laquelle la Russie n'est pas encore intervenue directement...

Les USA, qui sont les initiateurs de la crise ukrainienne, ont donc obtenu avec le Maïdan un victoire à la Pyrrhus et, à défaut de lancer dans une nouvelle aventure incertaine leur piètre canasson Porochenko, ils entretiennent aujourd'hui une "diplomatie de la violence" pour donner l'illusion d'être encore les maîtres du jeu en Ukraine. Le simple fait que leurs aides militaires soient dérisoires pour ne pas dire symboliques montre bien que la confiance envers le gouvernement Kiev a aujourd'hui disparu et que leur dialectique politique est en panne.

Or un conflit militaire ne peut être déclenché ou subir une nouvelle orientation que s'il existe une politique qui en détermine les objectifs finaux et même les modes tactiques, et actuellement la politique ukrainienne n'est plus que mendicité survivaliste et plus personne ne croit aux chimères de la menace russe et de son invasion du Donbass.

Donc en attendant les inévitables prochains changements de pouvoir tant à Kiev qu'à Washington, le conflit du Donbass est en roue libre, entre le sommet inaccessible de la paix et le gouffre de la guerre, sachant que de toute façon elles marqueront l'une comme l'autre la fin de l’expansionnisme étasunien en Europe et le reflux de son hégémonie.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Une propagande de guerre étasunienne à laquelle plus grand monde ne croit


lundi 26 septembre 2016

Faire monter le roi sur son trône

Porochenko recule pour mieux tomber 


Cette rentrée 2016 aura été marquée par un sensible retour au calme sur le front du Donbass, où bien que n'étant pas respecté par Kiev, la trêve décidée le 1er septembre a donné lieu a une diminution importante des violations du cessez le feu (à moins de 100 tirs quotidiens en moyenne)

Parallèlement à cette accalmie militaire relative, ,nous avons pu observer une relance de l'action diplomatique amorcée lors du sommet du G20 en Chine entre les présidents russe francais et allemands et portée par les Ministres des affaires étrangères des deux derniers à Kiev.

Porochenko le dos au mur et au bord du gouffre 

Cette visite qui pour le moment n'a pas encore porté ses fruits est cependant importante car les propositions du Ministre francais Jean-Marc Ayrault et de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier marque un virage important dans le discours tenu par les occidentaux dans ce dossier.
Les occidentaux en effet, alors qu'ils s'étaient jusqu'à présent distingués par un alignement servile sur la politique de Washington et une confiance absolue dans celle menée par Kiev, ont évoqué, au grand dam de Porochenko and Co, pour la résolution du conflit dans la Donbass la nécessité :
  • De valider des élections locales dans le Donbass
  • De mettre en oeuvre la loi d"amnistie
  • D'organiser un statut spécial pour Donetsk et Lugansk
Ceci est certainement la conséquence du sabotage des accords de Minsk et de la mendicité agressive organisés par Kiev et qui finit même par irriter aujourd'hui ses partenaires de l'Union Européenne dont les projets d'investissements en Ukraine attendent depuis 2 ans une stabilisation du pays.

Pour mettre en oeuvre ces 3 points essentiels, Porochenko sera obligé de revenir sur ses propres rodomontades récentes et, provoquant certainement la ire de son aile radicale, engager une réforme de la constitution ukrainienne sans laquelle les accords ne peuvent être mis en oeuvre.

Et c'est là que cela risque de coincer du côté du Président car pour beaucoup d'ukrainiens encore accrochés à l'illusion de l'intégrité territoriale de leur pays aux frontières artificielles en plus d'engager une reconnaissance des Républiques de Donetsk et Lugansk ce serait ouvrir une boite de Pandore car vraisemblablement les autres régions de l'Ukraine demanderaient également l'accès au statut spécial, que ce soit pour des raisons identitaires ou oligarchiques.

En attendant la roue tourne, et "les accords de Minsk doivent maintenant avancer car il n'y aura pas de plan B" martèlent les diplomaties occidentales qui demandent à Porochenko d'engager la réforme constitutionnelle amorçant cette décentralisation avant la fin de l'année
(elle devait initialement être faite avant la fin 2015) 
La balle est donc dans le camp de Kiev qui vient de bénéficier de la réactivation des aides du FMI et du renouvellement des représailles économiques occidentales consécutives au retour de la Crimée en Russie, soutiens que les ministres allemand et francais ont conditionnellement  liés à la mise en oeuvre des accords de Minsk.

L'acceptation de ces propositions occidentales, pour débloquer les accords de Minsk, serait considéré comme une trahison nationale du gouvernement, et ce projet est aujourd'hui jugé inacceptable non seulement par l'aile radicale qui le considère comme un "plan de capitulation" (Oleh Liachko, chef du Parti radical) mais également par le propre parti du Président Porochenko, le Bloc Petro Porochenko, qui considère irréalisable ces accords et accuse même les ministres français et allemand de faire le jeu du Kremlin.

Menacé par son aile radicale qui mène le "parti de la guerre" et par ses oligarques qui veulent protéger leurs fiefs, Porochenko cherche à gagner du temps lâchant du lest millimètre par millimètre pour tenter de conserver son pouvoir. Par exemple il vient d'accepter le processus d'amnistie et de libération mutuelle des prisonniers détenus de chaque côté de la ligne de front. Cette action fait certes partie des accords de Minsk mais surtout c'est un point (et peut-être le seul) sur lequel Porochenko peut espérer obtenir un consensus car concernant aussi la libération des prisonniers ukrainiens les membres du parti de la guerre ne peuvent s'y opposer. Quant aux autres points, qui touchent à des questions territoriales et de souveraineté il probable que leur simple évocation à la Verkhona Rada déclenche de nouveaux pugilats dans la meute des représentants ukrops.


Quand les occidentaux prêchent le vrai pour imposer le faux

Les ministres allemand et francais en visite dans le Donbass ukrainien, avec Pavel Zhebrivsky  (a gauche)
C'est ici que nous pouvons nous demander quelles sont les intentions réelles des représentants occidentaux venus négocier cette hypothétique réanimation des accords de Minsk, d'autant plus que la position des USA, qui restent le chef d'orchestre de la diplomatie occidentale, révèle quant à elle une dissonance importante avec le discours présenté par ses partenaires intervenant à Minsk. En effet, d'une part les tensions entre Moscou et Washington ne cessent d'augmenter comme en témoigne la situation du conflit syrien, et et autre part les faucons étasuniens continuent a pousser leurs pions militaro-industriels en Ukraine et l’encouragent à la guerre (en autorisant la vente d'armes létales à l’Ukraine par exemple)

Donc nous pouvons affirmer que :
  • Fanatiques invétérés du système libéral économique auquel ils se sont volontairement soumis, la France et l'Allemagne espèrent certainement dans une progression des accords de Minsk pouvoir désengager progressivement les représailles économiques contre Moscou et qui les sanctionnent eux-même sérieusement au milieu d'une crise économique déjà grave. Le simple fait de corréler ces "sanctions économiques" anti-russes aux accords de Minsk est révélateur de cet objectif non avoué car ces représailles sont d'abord consécutives au retour de la Crimée et ensuite, la Russie n'est pour rien dans l'enlisement de la situation dans le Donbass.
Mais,
  • L'évolution du pouvoir ukrainien issu du Maïdan en système totalitaire national oligarque ethno centré ne fait que se confirmer et montre que Porochenko n'a joué dans sa réalisation qu'un rôle de préparateur "modéré" politiquement acceptable. Or ce dernier, qui s'accroche désespérément et logiquement à son pouvoir, est devenu aujourd'hui inutile aux ambitions étasuniennes pressées par leur calendrier anti-russe. Il faut donc pour Washington éjecter sa marionnette et passer à l'étape suivante avec des nouveaux fantoches qui en apparence seront plus indépendants de la Maison Blanche à l'image des djihadistes actuels en Syrie qui servent toujours ses intérêts sans en porter les couleurs.
Donc la conclusion pessimiste qui s'impose mais qui malheureusement est hautement probable est que les ministres Ayrault et Stenmeier, sont venus jouer un simulacre de conciliation qu'ils savent voué à l'échec, soit parce que Porochenko va engager une nouvelle stratégie de freinage et saboter encore les accords, soit parce qu'il va subir un inévitable coup d'état en tentant leur passage en force.



Je pense que les occidentaux recherchent la deuxième solution et cherchent à en finir avec l'impopulaire Porochenko qui ne leur sert plus à rien sauf peut-être a provoquer un nouveau coup d'état collabo. Ce coup d'état s'il reste risqué quant à ses suites les déresponsabiliserait d'un retour (espéré mais non avoué) à une guerre inévitable tout en pouvant la limiter à l'Ukraine. 

Enfin et surtout cette perspective conforterait secrètement, par une nouvelle équipe de Kiev plus radicale, la stratégie russophobe étasunienne engagée en Ukraine et que l'échéance électorale américaine et la détérioration de la situation syrienne rendent urgente...

Savchenko, l'hystérique nationaliste ingérable que Poutine a relâché des prisons russes vers l'Ukraine comme on lance une grenade dégoupillée, a d'ailleurs encore récemment appelé à un troisième Maïdan pour renverser Porochenko tout en défendant la décentralisation pour toute le pays qui permettrait le renforcement des fiefs nationalistes et maintiendrait le Donbass, dont elle sait le contrôle militaire impossible, dans l'Ukraine.

Porochenko ne peux plus reculer comme il le fait depuis février 2015, date de la signature des accords de Minsk 2 et doit aujourd'hui assumer ses responsabilités et ses engagements, poussé sur un trône en forme de guillotine par ses parrains occidentaux qui veulent parier sur le pire... Cette tactique de "faire monter le roi sur son trône" pour mieux l'en faire descendre n'est pas pour déplaire aux nationalistes radicaux qui n'attendent que ca pour renverser un président jugé trop faible à leur goût...

En attendant il faut prendre ce qu'il y a à prendre à savoir l'accalmie sur le front qui profite aux familles du Donbass et le possible retour des prisons ukrainiennes des détenus des Républiques de Donetsk et Lugansk dans le cadre de l'amnistie proposée.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Rapport de situation hebdomadaire de Christelle Néant

observation : La cause commune étant pour moi supérieure aux délires psychotiques individuels je continuerai à partager le travail de tous les acteurs de la réinformation y compris ceux qui pratiquent à mon encontre une censure ad hominem hystérique...


Plan de la vidéo

SITUATION MILITAIRE
00'34" - Bilan des bombardements ukrainiens sur la semaine écoulée
01'36" - Pertes hors combat ukrainiennes
02'30" - Commandos de l'armée polonaise dans le Donbass et vote du sénat américain
03'29" - Changements récents dans le niveau des bombardements

SITUATION POLITIQUE
04'05" - Accord de désengagement des forces signé à Minsk
05'04" - Proposition écrite d'échange total des prisonniers
06'51" - Approvisionnement en eau de la République Populaire de Lougansk
07'17" - Savtchenko et le pouvoir ukrainien
08'03" - Analyse de l'évolution de la situation en Ukraine
12'11" - La campagne des primaires dans le Donbass

SOCIETE
12'48" - Aide humanitaire de 'armée de la République Populaire de Donetsk à un orphelinat

DIVERS
13'52' - L'enquête sur le crash du MH17

PENDANT CE TEMPS LA A KIEV
16'45" - Le cirque à la Rada
17'20 - Bagarres musclées et menaces entre députés à la télé ukrainienne

CRIMEE ET ELECTIONS EN RUSSIE
18'36" - La position de l'Ukraine concernant les élections législatives russes.
19'53" - Conclusion et rappel concernant le voyage pour les francophones dans le Donbass