jeudi 19 janvier 2017

D'un côté les soudards, de l'autre les héros...

Entre la vérité du peuple et le mensonge des médias 


Il parait que la population des républiques de Donetsk et Lugansk est prise en otage par des groupes armés terroristes à la solde de Moscou...
Il parait que les soldats ukrainiens de l'ATO sont les glorieux libérateurs de territoires victimes d'une invasion de la sauvage armée russe...
Il parait que Porochenko ne boit pas  et que François Hollande est champion d'échecs...
Il parait, il parait... etc.

Bref, si on en croit la merdiacratie occidentale la ligne de feu qui courre depuis bientôt 3 ans à l'horizon de Donetsk et Lugansk, entre l'Ukraine et la Russie, ne marque pas seulement le front d'une guerre insensée qui a fait entre 10 000 et 20 000 morts minimum mais la frontière entre le Bien parfait et la Mal absolu, entre le blanc immaculé incarné par Obama et le Noir abyssal incarné par Poutine...

Depuis 2 ans, j'ai rejoint les "terroristes" du Donbass et pourtant les seules explosions que j'entends ici ce sont celles provoquées par les "libérateurs" ukrainiens qui rôdent au delà de nos tranchées, gavant la gueule de leurs canons pour cracher aveuglément chaque nuit la terreur et la haine sur les familles du Donbass...

Parfois je me demande s'il ne serait pas intéressant de créer un logiciel traduisant automatiquement les communiqués des médias officiels et qui remplacerait tous les adjectifs par leurs antonymes, histoire de passer du mensonge à la vérité...

Je tenais ici à partager une vidéo montrant des fragments de cette guerre telle qu'elle est vécue par la population du Donbass qui aujourd'hui est coupée en deux par la guerre: d'un côté les territoires "libérés" et de l'autre les territoires "occupés"... à moins que ce ne soit l'inverse ?
Pour avoir la réponse, regardons les femmes et les hommes du Donbass pour savoir lequel est le soldat et lequel est le soudard...

Dans cette vidéo vous pouvez voir que les soldats qui s'affrontent dans cette guerre fratricide parlent souvent la même langue, portent les mêmes armes et parfois aussi les mêmes uniformes.Et pourtant, tout aujourd'hui sépare et oppose ces deux armées qui se font face, et si les propagandes de chaque côté du front usent et abusent d'impartialités serviles, la population civile quant à elle, qui restera la victime de cette guerre pour des générations encore, n'a rien à gagner à craindre les uns ou aduler les autres...

Car c'est un peuple franc gardant les yeux ouverts sur sa destinée et qui écoute sans les craindre les joies et les peurs de son coeur..


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


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Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos ... et locales, obsédées par la recherche du monopole de l'information.

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Bien à vous 

Erwan



Les armes de la terreur

Kiev redéploie sur le front du Donbass ses armes de destruction massive

Quelques heures après la visite que le Vice Président étasunien Joe Biden a fait à Kiev, avant la fin du CDD de l'équipe Obama, l'Ukraine a durci son discours belliciste à l'encontre de la Crimée et du Donbass, à l'exemple du Général Muzhenko, le Chef d'état-major de l'armée ukrainienne qui a révélé aujourd'hui 18 janvier 2017 mais sans entrer dans les détails un rapport transmis à la CIA et qui analyse "les options, les scénarios, notre vision de l'escalade probable du conflit et de la détérioration de la situation dans l'est de l'Ukraine, ainsi que le système de sécurité paneuropéen"
BM30 "Smerch" en action
En effet le 16 janvier, Joe Biden est venu rencontrer à Kiev, le Président ukrainien Porochenko et son 1er Ministre Volodymyr Groïsman. Au cours de cette dernière visite en tant que représentant de l'administration Obama, Bien (qui est l'un des parrains actifs du Maïdan) a assuré Prochenko "du soutien inconditionnel des USA à l'Ukraine" qui sont "unis par des liens profonds et contre l'agression russe"...  Le lendemain, 17 janvier, le Ministre ukrainien de l'Intérieur Arsen Avakov confirme ce projet de reconquête des territoires du Donbass et de la Crimée pour 2017 et demande aux gardes frontières "de se tenir prêt à reprendre le contrôle des frontières en 1 ou 2 semaines maximum".

Pendant ce temps là, sur le terrain, l'armée ukrainienne continue ses campagnes de bombardements des positions républicaines mais aussi des quartiers résidentiels proches de la ligne de front, comme hier par exemple où des bombardements et des combats ont frappé de nombreux secteurs du front et principalement au Nord de Donetsk, la zone industrielle entre Avdiivka et Yasinovataya. Les principales attaques ukrainiennes:

Le 17 janvier soir :

  • 17h00: tirs au mortier vers Yasinovataya (Nord-Est Donetsk)
  • 17h10: tirs au mortier secteur Shirokino (Sud DNR)
  • 19h15: tirs au mortier sur Oktyabrsky (Nord Donetsk)
L'intensité des tirs est faible
  • 20h00: Combats serrés dans le secteur de Kominternovo (Sud DNR)
  • 20h30: les ukrainiens engagent leur artillerie lourde dans le Nord de Donetsk dans le secteur de Avdiivka / Yasinovataya
L'intensité des tirs augmente
  • 22h15: Accalmie dans le Nord de Donetsk
Il faut noter également que depuis plusieurs jours la première ligne signale de nombreux vols de drones ukrainiens dont la plupart servent aux réglages de l'artillerie.



Un réarmement important du front ukrainien.

Depuis plusieurs mois les services de renseignement des Républiques de Donetsk et Lugansk signalent le retour progressif sur le front du Donbass, unité après unité, des lances roquettes multiples ukrainiens, BM21"Grad" (122mm) BM27
"Uragan" (220mm) ou BM30 "Smerch" (300mm). Le redéploiement de ces pièces d'artillerie de "saturation" est d'ailleurs confirmé par les observateurs de l'OSCE eux-mêmes qui constatent leur disparition des hangars de retrait imposés par les accords de Minsk.

Les dernières observations par exemple, concernent l'arrivée dans le secteur occupé de Volnovakha (entre Donetsk et Mariupol au Sud de la DNR) de systèmes d'armes importants dont des chars de combat (5), des Lances Roquettes Multiples "Grad" et Uragan" (30 unités), des obusiers automoteurs (3), des hélicoptères de combat MI8 (8) ainsi qu'un nouveau bataillon venus renforcés un secteur ou Kiev a déjà organisé une concentration importante d'unités d'assaut.


Depuis 2015, Kiev n'a cessé de renforcer ce secteur de Volnovakha, pourtant relativement calme en comparaison au reste du front. La proximité avec la frontière russe, la nature du terrain faiblement urbanisé et cette forte concentration d'unités d'assaut et de leur appuis, laissent à penser que Kiev a développé ici une option offensive (que j'appelle "Axe Sud"). Une offensive de courte durée dans ce secteur aurait pour objectif de conquérir des localités et atteindre la frontière russe rapidement pour isoler encore plus Donetsk et la couper de ses forces déployées en face de Mariupol.



Le retour des monstres de l'artillerie ukrainienne

Depuis 2016, des Lances Roquettes Multiples "Grad" ont été déjà réutilisés par Kiev, dans les secteurs de Shirokino, Telmanovo et Donetsk récemment, et si en 2016 ces armes de saturation n'ont été utilisés qu'exceptionnellement, plusieurs indicateurs sérieux laissent craindre d'un prochain retour de ces monstres de l'artillerie ukrainienne :

  • Lors d'une interview récente Oleksandr Turtchinov a reconnu que l'Ukraine avait relancé la fabrique des roquettes des LRM, dont les stocks étaient épuisés par la première année de guerre et que les premiers lots arrivaient sur la ligne de front.
  • Les services de renseignements républicains confirment le retour important de ces système d'armes ainsi que leurs convois logistiques sur la ligne de front. Ainsi par exemple dans le secteur de Volnovakha (voir plus haut)
  • Récemment des directives du Ministère ukrainien de la Défense ont également réactivé la mise à niveau opérationnelle des systèmes d'armes balistiques "Tochka U", dont plusieurs lanceurs sont positionnés dans les territoires occupés du Donbass.


En 2014 et 2015, l'armée ukrainienne avait déjà utilisé 
ces armes de destruction massive contre le Donbass

Malgré que le déploiement de ces armes à portée de tir de la ligne de front soit strictement interdit par les accords de Minsk signés par Kiev, l'armée ukrainienne ne cesse de les déployer au plus près des positions avancées, menaçant ainsi à chaque instant les positions mais également la population des Républiques de Donetsk et Lugansk. 

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Tir d'un missile Tochka U, d'une portée entre 100 et 180 km il peut emporté une charge utile de 500 kg

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lundi 16 janvier 2017

Ceinture de feu autour de Gorlovka

Bombardements et combats importants 
dans le Nord de la République de Donetsk


Dans la soirée du 15 janvier 2017, l'armée ukrainienne a intensifié ses attaques sur toute la périphérie de la ville de Gorlovka, au Nord de la République Populaire de Donetsk. 

Principaux événements dans le secteur de Gorlovka :
  • 16h35, Au Sud-Ouest près de Ozeryanovki, Verhnetoretskogo et Vasilievka, des combats ont éclaté avec des mortiers, des armes d'infanterie et de l'artillerie lourde;
  • 18h00, Au Nord, bombardements de mortiers de 120mm sur Holmiskyi;
  • 19h25, Au Nord Est, bombardements larges du front républicain. A Dolomite un enfant de 3 ans, Kirille Mironenko (né en 2014) a été blessé à la jambe par des éclats de mortier (ses jours ne sont pas en danger) et son frère de 6 ans a été traumatisé;
  • 20h25, A l'Ouest, dans le secteur de Novgorod, combats aux armes d'infanterie et véhicules blindés;
  • 21h45, Au Sud Ouest, poursuite des combats et bombardements larges de Vasilevka à Krasnyi Partisan (entre Gorlovka et Donetsk), 
  • 22h00, Au Nord, bombardement de Zaitsevo
  • 22h20, Au Nord Est, combats violents sur le front au Sud de Dolomite où un groupe républicain serait tombé plus tôt dans une embuscade : 1 tué (chef de groupe) et 5 blessés. 
  • 23h00, Les combats s'intensifient sur la périphérie de la ville pendant une heure avant de se calmer peu après minuit.
1: Kalinovka - 2: Dolomite - 3: Holmiskyi - 4: Zaitsevo - 5: Leninskoe - 6: Novgorod - 7: Ozerianyvka - 8: Stavky
Plusieurs habitations civiles des banlieues de Gorlovka ont été touchées par les bombardements ukrainiens dont 7 gravement endommagées. Par chance il y a eu ducôté de la population civile plus de dégâts matériels que de victimes humaines.

La République de Donetsk a également subi durant cette journée passée d'autres bombardements ukrainiens, notamment dans le secteur de Yasinovataya, Dokuchaïevsk  et Donetsk, au total ce sont plus de 1000 violations du cessez le feu qui ont été enregistrées (1076 tirs dont 106 obus d'artillerie de calibre 152 et 122 mm, 326 obus de mortier de 82 et 120 mm). 

Dans le secteur Nord-Est de Gorlovka où se sont déroulés les bombardements et les combats les plus violents se trouve le village de Novoluganskoe qui a été récemment investi par lKiev, à la suite des attaques menées sur Kalinovka. Ce village et ses environs qui sont normalement situés dans la zone neutre sont aujourd'hui devenus la zone de déploiement de plusieurs unités ukrainiennes dont le bataillon spécial "Donbass" qui est certainement à l'origine des accrochages vécus sur le front.


Aujourd'hui Joe Biden est arrivé à Kiev pour une dernière visite à ses marionnettes en tant que Vice Président étasunien... Il doit rencontrer plusieurs dignitaires du régime dont le Premier ministre Vladimir Groisman qu'il a rencontré dès son arrivée.

Les néocons, en dépit de la victoire de Trump continuent a planter leurs griffes sur cette terre d'Europe aux confins de la Russie et qui reste d'être le premier test permettant de mesurer la réelle marge de manœuvre du nouvel occupant de la Maison Blanche...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya



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Erwan




dimanche 15 janvier 2017

Des sauts de crapaud...

 La stratégie d'usure choisie par Kiev 
risque d'être à double tranchant...

Conscrit ukrops à l'entrainement
Au cours des dernières attaques de l'armée ukrainienne, force est de constater que cette dernière a réussi à grignoter des lambeaux de terrain, principalement dans cette zone neutre appelée "zone grise". Cette stratégie de "saut de crapaud" cherche par la faiblesse des moyens engagés à provoquer une guerre d'usure sans pour autant bousculer définitivement le processus de paix engagé à Minsk.

Les dernières opérations menées par Kiev pour conquérir ces espaces neutres coincés entre les 2 lignes, ont été engagées dans le secteur de l'Arc Svitlodarsk, et elles s'y déroulent etoujours. Au cours de ces attaques menées le 18 décembre entre Kalinovka et Logvinova (au Nord-Ouest de Debalsevo) puis le 12 janvier dernier entre Kalinove et Novogrogorovski (au Nord-Est de Debalsevo), une série de petites collines et un village (Novoluganskoe) ont été conquis dans cette zone sensée rester démilitarisée. 

Globalement, ces avancées ne redessinent pas le traçé général de la ligne de front et si elles donnent apparemment un avantage à Kiev, qui a l'initiative de l'attaque et de la conquête du terrain, en réalité le prix payé par l'armée ukrainienne s'avère disproportionné et surtout inutile car inexploité par une stratégie désorganisée et hésitante.

Il ne s'agit pas ici de tomber dans un discours propagandiste aveugle et manichéen car il existe bel et bien des avancées ukrainiennes inquiétantes et qui deviennent, mètre après mètre, problématiques pour le dispositif de défense républicain qui voit la profondeur stratégique offerte par la zone grise se réduire comme une peau de chagrin ainsi que des points névralgiques de son territoires à nouveau menacés et sous le feu des canons ennemis (comme à Yasinovataya par exemple). 
Mais moralement ces opérations déstabilisent surtout l'armée ukrainienne qui les exécute aux prix de lourdes pertes et à qui on demande presque toujours d'abandonner ensuite une partie du terrain conquis. 


Une tactique ukrainienne limitée qui avantage les républicains

ZSU 23-2 républicain, canon antiaérien redoutable dans le combat défensif terrestre

Pour illustrer ce ressenti, rien de mieux que de lire les analyses ukrainiennes elles-mêmes qui malgré le carcan d'une propagande de guerre logiquement partiale, révèlent les incohérences, les doutes et le mécontentement d'une armée qui est sacrifiée pour des victoires sans importance et souvent éphémères...Parmi ces analyses ukrainiennes, celle réalisée pour le média ukrainien "Dialog" par Yuri Butuzov au sujet des combats dans le secteur de Svitlodarsk me semble intéressante :
  • Pour tenter de donner une légitimité à leur violation du cessez le feu dans ce secteur sensible de Debalsevo, Butuzov reprend la revendication puérile de Kiev qui, arguant de la présence dans la ville des derniers soldats en cours d'évacuation, au moment de la signature de "Minsk 2", pour la revendiquer aujourd'hui, politiquement et militairement.
  • Il refuse de reconnaitre l'efficacité des contre attaques républicaines préparées par un combat de freinage réalisé par une première ligne se repliant en canalisant l'ennemi vers leurs polygones de tirs de barrage. 
  • Il préfère accuser le commandement ukrainien de "décisions étranges" : ainsi le 29 juin 2016, "après plusieurs heures de combat notre unité a reçu l'ordre de quitter le terrain et revenir à leurs positions initiales".
  • De même pour l'opération offensive suivante du 18 décembre 2016, Butuzov qui confirme les pertes importants subies par Kiev ce jour là, dénonce également l'ordre du commandement d'abandonner la hauteur "223" occupée lors de leur attaque initiale.
  • Concernant l'emploi de l'artillerie il constate à mot couvert que l'artillerie républicaine est plus performante que l'artillerie ukrainienne insuffisante autant dans les appuis à l'infanterie que dans les tirs de "contre-batterie" qui réduiraient sensiblement les pertes.
  • Concernant l'infanterie il reconnait qu'elle n'est pas entraînée à des opérations tactiques réalisée par à l'échelon de petites unités autonomes et mobiles, et qu'il est nécessaire de sortir le soldat ukrainien de la léthargie des tranchées.
Bref, Butuzov reproche l'insuffisance des attaques ukrainiennes réalisées, tant dans leur largeur, leurs moyens que les compétences tactiques requises et qui est responsable de la faible profondeur gagnée autant que des pertes importantes subies.


Une stratégie évolutive mais sans moyens adaptés

La dernière action offensive ukrainienne sur le flanc Est de Svitlodarsk était plus large et dispersée contrairement aux précédentes attaques très limitées dans l'espace.

Si la zone limitée des attaques menées par Kiev en 2016 est surtout un choix politique, elle présente en revanche l'inconvénient d'être très vite repérée et définie par les forces républicaines qui vont alors converger leurs forces de réactions disponibles (renforts blindés et artillerie) vers un point unique du front. C'est ce qui a conduit l'offensive du 29 juin à son échec cuisant et celle du 18 décembre à son arrêt brutal, suite à de lourdes pertes.

L'ukrainien Butuzov confirme cette analyse par des réflexions et des recommandations car en effet, il dénonce des offensives ukrainiennes trop limitées dans l'espace et qui sont donc plus facilement et rapidement traitables par les contre attaques républicaines. Reprenant les théories modernes de la guerre de mouvement Butuzov préconise  "de lancer une offensive sur un large front, avec des attaques sur une bande plus large, de sorte que l'ennemi ne puisse pas localiser rapidement nos actions, de les découvrir, et de concentrer sur une petite zone l'ensemble de ses réserves et de son artillerie, il faut le forcer à réagir disperser."

C'est cette tactique offensive "plus large", avec une "préparation d'artillerie dans la profondeur" qui semble avoir été appliquée lors des derniers combats engagés le 12 janvier 2016 sur le flanc Est de l'Arc Svitlodarsk, mais aux premiers renseignements glanés ici et là elle n'a pas forcément bénéficié de moyens adaptés à la largeur de l'offensive (environ 15 km sur 3 axes) et a donc autant dispersé les forces attaquantes que les forces attaquées !

Le résultat semble donc le même : une offensive qui s'enlise au bout de quelques heures sur quelques mamelons chèrement acquis, et qui passe le relais à une artillerie qui reprend ses pilonnages sur la population civile à défaut de pouvoir casser les défenses républicaines qui elles se sont adaptées, réorganisées et renforcées.


En résumé et en se limitant sur les 3 dernières actions offensives menées contre le front de Debalsevo nous observons :
  • Le 29 juin, les unités de Kiev après avoir bousculé les premières lignes républicaines de 4 km se sont retrouvées isolées et sans appui d'artillerie à la merci des contre-attaques blindées et tirs de barrages qui les ont renvoyé vers leurs positions initiales.
  • Le 18 décembre, les objectifs visés lors des assauts près de Kalinovka étaient moins profonds mais dans une zone trop petite, ils ont permis une concentration rapide des réactions républicaines qui ont forcé à un abandon de la plupart des positions conquises.
  • Le 12 janvier, les objectifs toujours limités dans la profondeur mais cette fois étalés sur la largeur malgré une préparation d'artillerie plus importante et profonde ne semblent pas avoir mobilisé suffisamment de moyens. Ces opérations sont toujours en cours...
Quoiqu'il en soit  cette stratégie ukrainienne de l'usure appelé par leurs propres experts "saut de crapaud" ne pourra pas durer comme cela indéfiniment car elle a besoin de plus de moyens pour aboutir mais cela risque alors de faire exploser à nouveau le front...

En attendant, le seul gain qui est obtenu réellement par Kiev dans cette "guerre grise" c'est le gain de temps pour respecter les accords de Minsk, mais cependant il ne faut pas sous-estimer son adversaire surtout lorsqu'il affiche une évolution rapides de ses moyens et sa tactique, car rester attentif à ses procédures repérer leurs changements permet de mieux anticiper et vaincre....

Demain est un autre jour.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Ci dessous un article de Karine Bechet-Golovko sur cette "guerre molle" (mais meurtrière) pratiquée par Kiev dans les zones grises :



Source de l'article : Russie Politics

Donbass: l'Ukraine développe une "guerre molle"

Maison à Kominternovo après les tirs de l'armée ukrainienne
 Karine Bechet-Golovko

14 janvier 2017

"L'armée ukrainienne n'est pas actuellement apte à remporter d'importants affrontements directs, comme l'a démontré sa dernière tentative vers Debaltsevo. Par ailleurs, sa position est "inconfortable" à certains endroits de la ligne de front. Afin de renforcer ses positions, elle a développé une nouvelle technique, celle que l'on pourrait appeler la guerre molle. Il s'agit de gagner quelques mètres ici, un kilomètre par là, stabiliser une nouvelle ligne de front qui lui permette d'avoir, à moyen ou long terme, un point de départ plus fort pour une offensive de grande ampleur.

Ces derniers temps, malgré le cessez-le-feu du 24 décembre qui, selon le dirigeant de la République de Donetsk, Zakharchenko, n'a été respecté que 2 jours par l'armée ukrainienne, les combats s'intensifient.

L'artillerie reprend du service depuis le réveillon de Noël orthodoxe, le 6 janvier:

« Dans l'espace des dernières 24 heures, les forces de sécurité ukrainiennes ont violé le cessez-le-feu 253 fois. En cela, l'ennemi a tiré contre la république 28 projectiles de calibres 122 et 152 mm, 69 obus de calibres 82 et 120 mm, ainsi que 90 munitions de divers types de lance-grenades. De même, des véhicules blindés et des armes d'infanterie ont été utilisées ».

Les nouvelles dans l'ensemble sont mauvaises. En une semaine, l'on compte 1500 tirs de mortiers et d'obus. L'armée ukrainienne renforce ses positions, fait venir des tireurs d'élite, rappelle les bataillons punitifs, augmente sa force de feu avec les tanks et les blindés. Les résultats sont évidents: les civils sont les cibles. 

A Débaltsevo, 500 maisons se sont retrouvées sans électricité suite aux tirs incessants de l'armée ukrainienne dans la nuit du 12 au 13 janvier qui ont touché la ligne électrique. Dans le village de Kalinovo, ce sont 900 abonnés qui sont sans électricité parce que l'armée a bombardé toute la nuit du 13 au 14 janvier. Deux maisons ont été détruites et une personne est décédée à Irmino lorsqu'un obus est tombé sur sa maison. Dans le village de Kominternovo, une maison a brûlé cette nuit suite aux tirs de l'armée ukrainienne.

L'armée met quasiment toute la ligne de front sous pression, même les anciennes zones de combat, comme l'aéroport de Donetsk ou Gorlovka. D'une manière générale, l'armée attaque des petites zones, cherche à renforcer ses positions. Selon les experts militaires ukrainiens:

"Faire la guerre maintenant, ce n'est plus attaquer Donetsk. Faire la guerre, c'est éliminer les dangers pour notre armée sur tous les points du front où l'ennemi est encastré dans nos défense. Ce qui concerne Popasnaya, Svetlodarsk, Gorlovka, Adeevka, Marinka, Peskov, Dokutchaevsk, Vodianovo, Chirokino ... Pour cela, il faut préparer l'armée à de réels combats locaux, qui se conduisent dans les forêts et sur les hauteurs. Et cela va durer encore de nombreuses années."

Avec cette technique, l'armée ukrainienne a déjà réussi à déplacer à son avantage la ligne de front dans cette zone, qui est la zone neutre entre les deux camps, revendiquant certains villages par exemple ou certaines zones industrielles. C'est aussi une guerre d'usure. De cette manière, elle peut préparer à terme une offensive de plus grande ampleur."

Publié par Karine Bechet-Golovko

Des drapeaux ukrainiens marquant des sauts de crapauds 
inutiles et sanglants dans la boue gelée des tranchées


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La neige ensanglantée

Kiev pilonne un quartier résidentiel d'Irmino

Cette nuit, tandis que les blindés US continuent de se déployer en Pologne et dans les pays baltes, Kiev a bombardé une localité de la République de Lugansk occasionnant plusieurs victimes civiles et des dégâts importants. Le bilan de ce nouveau crime de guerre ukrainien soutenu et financé par les occidentaux est en cours. Mises à jour à venir...


Hier soir, la situation sur le front de Debalsevo s'est encore aggravée

Durant toute la soirée, des bombardements ukrainiens et des combats importants se sont poursuivis sur ce front Est de "l'arc Svitlodarsk", dans la direction de Stakhanov (Nord Est de Debalsevo)

- 21h15 Bombardements de mortiers, vers Kalinove
- 21h30 Bombardements de mortiers, vers Logvinova
- 22h00 Bombardements d'obusiers, vers Uglegorsk
- 22h30 Bombardements d'obusiers sur la ligne d'attaque de Irmino au Nord jusqu'à Novoalexandrovka au Sud - Intensité élevée.

Devant la violence des bombardements ukrainien les forces républicaines ont riposté également et des échanges de tirs ont lieu sur les différentes zones de Contact du secteur, tandis que d'autres bombardements ukrainiens frappaient aussi d'autres secteurs comme Gorlovka, Kominternovo ou Yasinovataya.


Rappel de la situation :

Le front entre Donetsk et Lugansk est un secteur particulièrement sensible, car il est la charnière entre les deux républiques de Donetsk et Lugansk que commande le carrefour stratégique de Debalsevo, nœud routier et ferroviaire vital pour la défense du Donbass. Théâtre d'importants combats pendant l'hiver 2014-2015, Debalsevo qui a été libéré par les Républicains en février 2015 subit depuis plusieurs mois de nouvelles attaques ukrainiennes de plus en plus violentes (29 juin et 18 décembre 2016 et 13 janvier dernier)


Cette nuit les bombardements ukrainiens ont été particulièrement violents dans le secteur Nord de la ligne d'attaque lancée il y 3 jour par Kiev. Cette ligne offensive a pour objectif d'occuper la zone neutre située entre les belligérant et vraisemblablement de pousser les avant postes ukrainiens jusqu'à une ligne de crête, orientée Nord-Est / Sud Ouest entre Pervomaïsk et Debalsevo et qui surplombe les localités républicaines situées sur le flanc Est de "l'Arc Svitlodarsk". 

Au nord de cette ligne de crête se trouve la petite ville d'Irmino, une localité minière de la République de Lugansk dont elle est distante de 55 km. Avant la guerre sa population était d'environ 10 000 personnes et malgré le départ de plusieurs familles suite à la guerre, une grande partie de la population est restée sur place.
Cette ville qui contrôle la route entre Stakhanov et Pervomaïsk est aussi située au nord de la ligne d'attaque de l'armée unkrainienne



Des bombardements répétés avec de l'artillerie lourde

Il est malheureusement inévitable que dans un contexte de guerre moderne au milieu de zones habitées, des "dommages collatéraux" arrivent, liés à des erreurs humaines ou des problèmes techniques des armes et munitions par exemple, mais lorsque les bombardements sont répétés et menés de façon intensive sur des quartiers résidentiels, il est évident que nous sommes alors en présence d'un crime de guerre délibéré.

C'est ce que l'armée ukrainienne fait régulièrement depuis le mois d'avril 2014 dans le Donbass et dont le bombardement d'Irmino n'est qu'une nouvelle page sanglante de la tragédie dont le premier acte s'est joué sur le Maïdan il y a 3 ans...

14 janvier 2017, bombardement d'Irmino


Les ukrainiens ont utilisé hier soir tous leurs calibres sur le flanc Est de Svitlodarsk pour tenter de rompre les lignes de défense républicaines, armes d'infanterie, lance roquettes, lances grenades, mortiers, véhicules de combat et chars, mais pour allonger leurs tirs sur les populations civiles situées à l'arrière du front, ils ont utilisé leur artillerie lourde, plus puissante et destructrice. C'est ainsi que Irmino, pourtant très éloigné des lignes républicaines été plusieurs fois touché par des obus de 152mm dans la soirée du 14 au 15 janvier.

Au premier bilan, un jeune homme de 27 ans a été tué et plusieurs maisons ont été gravement endommagés.

Les autorités de la République de Lugnask ont alerté l'OSCE responsable de contrôler l'application des accords de Minsk que cette situation est consécutive aux avancées récentes de l'armée ukrainienne et que le calme ne pourra revenir qu'après leur départ de la zone grise et du village de Novoluganskoe.

"L'armée ukrainienne est pire que les nazis"

A Kalinove, situé au Sud-Ouest d'Irmino les bombardements sont également ininterrompus depuis 3 jours, et les habitants qui sont restés sont depuis terrés dans les caves d'un village où l'électricité est régulièrement interrompue par les bombardements. C'est dans ce village que, dans la nuit du 13 au 14 un chien alerté par son sixième sens a alerté une famille attentive à son affolement inhabituel et l'a entraîné dans la cave quelques secondes avant un bombardement qui a détruit une partie de leur maison... 



A Irmino, ce matin la population est choquée et surtout révoltée, un ancien âgé de 90 ans, qui a vécu la dernière guerre mondiale témoigne :

"Le bombardement est arrivé aux environ de 11h30 dans la nuit. Allongé dans son lit, le plus jeune fils de notre voisin a été tué. Il venait juste d'arriver pour voir ses parents. Même les nazis n'ont pas fait cela à leurs frères et sœurs. Les soldats ukrainiens sont pires que les nazis, les allemands dans la guerre, car ici nous sommes du même sang et ils nous tuent !"

Mais le pire dans cette tragédie qui frappe l'Europe, est certainement que ces crimes de guerre, que l'on croyait appartenir au passé, sont cautionnés et financés par les pays de l'Union Européenne eux mêmes, soumis volontairement à un monstre étasunien qui cherche à dominer le Monde...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya




Pour suivre la situation sur ce front de Debalsevo, le lien ici :  Debalsevo


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