dimanche 11 décembre 2016

Une analyse en forme d’uppercut

Une femme qui ne mâche pas ses mots !


Merci à "Thalie Thalie" de m'avoir fait découvrir cette femme courageuse, Tetiana Montian avocate et juriste ukrainienne, qui depuis le Maïdan a clairement analysé la crise et alerté ses compatriotes de la réalité de cette révolution téléguidée par Washington et des conséquences désastreuses qu'elle représentait pour l'Ukraine.  

Tetiana Montian (Ukraine), discours au Parlement Européen. 
Bruxelles, le 5/12/2016
Traduction "Thalie Thalie"

En 2015, cette femme, dont on peut saluer le courage lorsque l'on connaît le répressions exercées contre les dissidents au régime, avait accordé plusieurs interviews dont la justesse de ses analyses est aujourd'hui confirmée par l'effondrement systémique de l'Ukraine.

Et toujours sans langue de bois ...

Traduction "Thalie Thalie"

Il faut espérer que les ukrainiens, lorsqu'ils en auront marre de voir leurs fils revenir des mobilisations dans des cercueils ou leurs filles se prostituer pour nourrir leurs enfants ouvriront enfin les yeux et videront leur pays des parasites et de la racaille dressés par l'impérialisme étasunien pour les sacrifier et installer le chaos aux portes de la Russie.

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

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Bien à vous 
Erwan





samedi 10 décembre 2016

"La principale chose, les gars: vos coeurs !"

Des peuples de Russie unis en conscience
autour de leur héritage et leurs traditions


Si les chants sont à l'âme humaine ce que les fleurs sont aux racines, ils sont probablement aussi une des plus belles expressions de la résistance identitaire, un donjon du coeur où continue de brûler le feu sacré de la communauté.



De fait, le flash-mob lancé à Zaporodje le dimanche 13 novembre a été comme ce petit caillou tombé du haut de la crête enneigée et qui déclenche un avalanche emplissant la vallée d'un grondement invincible. Amoureux des chants traditionnels, il me plaît de partager ici ces moments de communion populaire des peuples russes autour de leur identité aujourd'hui menacée par la cupidité mondialiste.

Vladimir Poutine a dit un jour "celui qui veut restaurer l'URSS n'a pas de tête mais celui qui ne la regrette pas n'a pas de coeur" et c'est la grande intelligence des peuples de Russie de savoir digérer leur passé et de conserver ce qu'il leur a offert de meilleur pour les aider à conquérir leur avenir. 

Gangréné par une pensée occidentale manichéenne obsédée par le mythe de la pensée unique, le pouvoir totalitaire vomi par le Maïdan a voulu imposer une vision ethnocentrée nihiliste d'une nouvelle Ukraine artificielle et exclusivement tournée vers l'Ouest. 
Kiev pour mieux angéliser le rêve occidental vendu par Washington et Bruxelles a voulu diaboliser son héritage russe en oubliant qu'une identité est comme un torrent qui ne peut être forcé, détourné ou coupé de sa source en dehors de sa propre volonté. Malgré les massacres perpétrés contre eux, les russes ont organisé une résistance protéiforme à l'agression occidentale, depuis les armes jusqu'aux chants...

Kiev la brune est aujourd'hui assiégée par les flash-mobs qui fusent tout autour de ses palais dictatoriaux froids et silencieux, et leur liste s'allonge de jour en jour et de façon exponentielle: hier à Zaporodje, Karkhov, Odessa, Moscou, Donetsk, Lugansk, Aleksandria, et aujourd'hui à Grodno, Nikopol, Stalingrad, Kiev, Yalta, Krasnodar, Tiraspol, Debaltcevo, Melitopol et tant d'autres régions de l'empire russe où, dans le coeurs de leurs habitants, les toponymes slaves résonnent des échos héroïques du passé ou du présent.

Je m'excuse de la ribambelle de vidéos partagées ici mais je n'ai pas eu le courage de faire une sélection de ces chants qui ont fleuri cette semaine en Europe de l'Est, car ils sont tous, même par delà certains "couacs" et très rares fausses notes, des élans d'un coeur partagé par tous ces anonymes et qui ne saurait être jugé.

Ces chants sont populaires, sans âge et sans ride, transmis de génération en génération le plus souvent oralement au sein des familles ou des corporations. Issus des répertoires traditionnels ou patriotiques ils sont chantés le plus souvent en russe mais aussi comme à Saint-Pétersbourg en ukrainien, ou biélorusse.

"Chanter ne peut guère valoir si au dedans du cœur ne se lève le chant ; 
ni le chant ne peut du cœur s'élever si n'y réside l'amour pur"

B. de Ventadour

J'ai choisi de commencer cette série de nouveaux flash-mobs par le chant "La principale chose, les gars: vos coeurs", entonné sous les fresques historiques de la gare de Stalingrad (aujourd'hui Volgograd). En effet, autant le chant que le lieu symbolisent magnifiquement cette mobilisation collective et spontanée des peuples de Russie et le message qu'ils adressent non seulement au régime de Kiev qui écrase leur frère du Donbass sous les obus mais au Nouvel Ordre Mondial qui convoite leur sanctuaire naturel, culturel et spirituel.

Par ses chants les femmes et les hommes de Russie, font éclater à la fois leur solidarité leur joie mais aussi leur force enrichie par des siècles d'histoire gardée intacte au fond des coeurs, au contraire de nos peuples occidentaux dégénérés qui dans leur immense majorité ont délaissé leurs chants comme on tarit une source. 

Saint Exupéry disait déjà il y a plus de 70 ans : "On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu'à entendre un chant villageois du XVe siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d'hommes n'entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots." (Un sens à la vie (posthume,1956), Antoine de Saint-Exupéry

Les peuples de Russie nous font savoir aujourd'hui qu'ils ne sont pas des robots et ne désirent pas le devenir !


Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


A Volgograd (Russie (Stalingrad)) le 9 décembre 2016
"Главное, ребята, сердцем не стареть!" 



Blagoveshchensk (Russie), le 4 décembre 2016
“Ти ж мене пiдманула“ (chanson folklorique ukrainienne humoristique)



A Moscou, (gare de Minsk) le 4 décembre 2016
"Десантный батальон"


A Chisinau (Moldavie) le 5 décembre



A Grodno (Belarus) le 5 décembre 2016
"Маленькой ёлочке"


A Nikopol (Ukraine) , le 6 décembre 2016
"Надежда - мой компас земной"



A Kiev (Ukraine), le 7 décembre 2016
"Луч солнца золотого"


A Yalta, (Russie (Crimée)) le 7 décembre 2016
"Песня о тревожной молодости"
"Катюша"


A Krasnodar (Russie), le 7 décembre 2016
"А я все дивлюся, де моя Маруся" 


A Debaltcevo (République de Donetsk), le 8 décembre 2016


A Kuznetsk (Russie), le 9 décembre 2016


A Iekaterinbourg (Russie), le 9 décembre 2016
"Спят курганы темные"


A Tiraspol (Transnistrie), le 10 décembre 2016


A Saint Pétersbourg (Russie), le 10 décembre 2016


A Ryazan (Russie), le 9 décembre 2016


A Melitopol (Ukraine), le 10 décembre 2016
"Маруся"


A Saint-Pétersbourg (Russie) le 10 décembre 2016, sur la place du palais
 "Ти ж мене пiдманула" 


A Kharkov (Ukraine) le 10 décembre 2016, l'école numéro 36
 "Аист на крыше"

A Stockholm (Suède), le 10 décembre 2016
"Ой, мороз, мороз!"

A Krasnodon (République de Lugansk), le 10 décembre 2016, au marché 
"Вот кто-то с горочки спустился"
"Белым снегом"
"Смуглянка"
"Розпрягайте, хлопц"

A Minsk (Belarus), le 10 décembre 
"Ой при лужку, при лужке"


A Yamal Noyabrsk (Russie), le 10 décembre 2016
"Рiдна мати моя"

Chantée à Zaporodje le 13 novembre, la chanson mère de cette immense famille de flash-mobs russes continue quant à elle son chemin réveillant le rêve et l'espérance d'un Monde frappé par la folie et la guerre...

Les kazakhs 
"Весна на Заречной улице"


Pour voir les précédents flash-mobs, le lien ici : Flash-mobs

Les flash-mobs sont compilés également sur une page VK, le lien ici : "Notre flashmob"


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Erwan





War is business but business is also war

"Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage"



Aujourd'hui beaucoup d'analystes prétendent que "le vent tourne" dans les relations entre l'Europe et l'Ukraine, mais personnellement, même si je le souhaite, je n'en suis pas convaincu, car si l’impopulaire Porochenko, empêtré dans les "affaires" autant que dans les échecs de sa politique, est abandonné progressivement par ses partenaires occidentaux c'est certainement plus pour n'avoir pas atteint les objectifs de l'OTAN en Crimée et dans le Donbass que pour ses histoires de corruption, mêmes si elles sont gravissimes.

Dans cette crise ukrainienne, beaucoup se sont fait rouler dans la farine étasunienne, rejoignant l'Oncle Sam dans sa croisade russophobe tentant de justifier la préemption territoriale du "pivot stratégique de l'Europe" cette immense territoire trait d'union entre l'Eurasie et l'Occident et que Washington a voulu transformer en bélier forçant les remparts de l'empire russe. Mais cette stratégie du chaos que les USA allument un peu partout dans le Monde depuis la fin de la guerre froide a un prix et surtout lorsqu'elle dégénère en guerre asymétrique dont l'argent est plus que jamais le nerf sensible et vital. 

Et pour subventionner le chaos Washington, qui ne veut pas s'engager seul et directement, cherche le soutien et la légitimité de la "communauté internationale" qui s'est soumise à son autorité dans une servitude volontaire économique, idéologique et politique que pas un esclavagiste dans le passé n'avait réussi à imposer. Ainsi après avoir financé l'opposition et le coup d'état du Maïdan, les USA, furieux de voir s'échapper de leurs griffes la Crimée, ont entraîné les européens dans une spirale de représailles économiques contre Moscou mais qui impacte aussi gravement leurs propres économies déjà mises à mal par la crise économique mondiale. Ces "sanctions", les pays européens ont été forcé de les appliquer (à part la France et l'Allemagne, zélés suivistes de la politique de Washington) uniquement parce que Bruxelles, d'où elles ont été organisées, est prise en otage par les néo-cons étasuniens.

Mais il existe aussi une aide économique directe qui est accordé à l'Ukraine depuis le coup d'état pro-occidental du Maïdan. Comme pour les représailles appelées cyniquement "sanctions", cette aide économique qui représente 40 milliards de dollars sur 4 ans a été décidée par les USA et imposée à ces partenaires occidentaux via le FMI qui la supervise et y participe également à hauteur de 17,5 milliards de dollars.


Lorsque ce programme d'aide économique a été lancé au printemps 2014, il été question alors que le conflit du Donbass serait réglé avant la fin de la même année. Car en dehors du problème moral que représente ce conflit au coeur de l'Europe, il représente un véritable problème pour la réglementation du FMI qui stipule clairement que "les prêts ne sont pas octroyés à des pays en guerre", ceci expliquant entre autres raisons pourquoi, malgré la sémantique de sa propagande, le gouvernement de Kiev n'a jamais déclaré officiellement cette guerre, se contentant de voiler ses opérations et ses victimes sous le sobriquet hypocrite d' "Opération spéciale anti-terroriste" (ATO).

De son côté, le FMI a obéi à Washington qui est son principal bailleur de fonds, et depuis 3 ans bientôt ouvre les robinets de la perfusion occidentale tout en fermant les yeux sur cette guerre, les défauts de remboursements de la dette structurelle, ou le détournement frauduleux de cette aide économique normalement destinée à secourir une population ukrainienne menacée par la famine.

Car de fait, non seulement cette guerre qui fait rage dans le Donbass s'est amplifié jusqu'à aujourd'hui continuant de menacer la sécurité de l'Europe mais elle est devenue un gouffre financier pour Kiev qui y détourne une partie importante de l'aide du FMI. Ce détournement financier destiné à subventionner les massacres dans le Donbass a été récemment confirmé par l'ex député ukrainien Alexandre Onichtchenko, qui vient de dénoncer preuves à l'appui la corruption organisée par le gouvernement Porochenko.

« La plupart de l'argent est allé à la guerre, une guerre que Piotr Porochenko a tout intérêt à poursuivre. Tous les contrats relatifs à la guerre sont remplis par des entreprises proches du président. Pour eux (le président et son-entourage, ndlr), ce n'est qu'un business. »

On le voit bien, alors que les aides économiques occidentales peuvent constituer un formidable moyen de pression pour forcer Kiev à s'engager vers la paix dans le Donbass, le FMI est utilisé au contraire comme une armé de guerre subventionnant les multiples violations quotidiennes des accords de Minsk et les crimes de guerre perpétrés dans le les territoires occupés et sur la ligne de front du Donbass.

Si l'effondrement de la crédibilité de Porochenko, la victoire de Trump aux USA, les révélations des ingérence étasuniennes dans les affaires ukrainienne, provoque un changement de position progressif des occidentaux vis à vis de leur trublion ukrainien, incapable d'atteindre leurs objectifs, de plus en plus ingérable et de moins en moins fréquentable; mais cela ne veut pas dire pour autant qu'ils abandonnent la feuille de route géostratégique imposée par les USA dans cette région explosive. 

Bien sûr la France de Hollande et l'Allemagne de Merkel entraînées par l'inertie de leur servilité stupide à l'Oncle Sam continuent d'aboyer sans renifler que le vent est en train de tourner... Quant aux voix occidentales qui commencent timidement à exprimer leur mécontentement de s'être fait entraîner dans cette pitoyable galère ukraino-étasunienne, elles restent bien hypocrites, agitant seulement le dossier de la corruption kiévienne pour tenter de noyer dans un écran de fumée victimaire, tous les crimes et massacres réalisés du Maïdan au Donbass et dont ils sont des complices politico-économiques condamnables.


Reste le choix du successeur de Porochenko, qui n'en doutons pas sera coopté par les USA pour essayer de redorer l'image d'une Ukraine qui aujourd'hui fatigue et exaspère même ses tuteurs européens. Ce sera à n'en pas douter une personne appartenant à la ploutocratie mondialiste, russophobe mais à l'apparence moins agressive et même capable de dialoguer avec Poutine, et surtout dont l'image médiatique plaira aux occidentaux ces esclaves de la "société du spectacle" qui mettront à nouveau la main au portefeuille les yeux fermés. Parmi le prétendants il y a Avakov, trop sulfureux mais qui pourrait tenter un coup de force, Iatseniouk, trop mêlé à l'échec du gouvernement Porochenko, mais qui pourrait tenter une alliance, Saakashvili, trop géorgien mais l'ami de l'Oncle Sam, les radicaux trop fous mais dangereux etc... 
Il y a bien une intrigante, pas moins corrompue que Porochenko mais qui depuis le Maïdan se fait discrète, tapie dans l'ombre en attendant son heure, c'est Timochenko, l'égérie de la Révolution orange de 2004... et je ne serai pas surpris de voir la fausse blonde nattée sortir de la meute, soutenue par la ploutocratie mondialiste, parée d'une virginité politique médiatisée dont la poudre au nez sera surtout de la poudre aux yeux pour les européens payeurs.  

Peut-être que je me trompe, mais quoiqu'il en soit cela ne changera pas grand chose que ce soit elle ou un autre, tant que l'OTAN restera aux commandes de la politique ukrainienne...

En attendant, ne nous leurrons pas, car pour les occidentaux, je suis convaincu que condamner aujourd'hui la "kleptocratie" de Porochenko, s'est juste se donner bonne conscience et en sacrifiant un chien jugé incompétent de pouvoir en choisir un autre un peu moins sale mais qui continuera n'en doutons pas à aboyer contre la Russie et mordre le Donbass. 

Il reste encore du chemin vers la Paix et encore plus vers la Justice...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Source de l'article : Russie Politics

La Cour des comptes européenne reconnait l'échec 
de la politique européenne en Ukraine


par Karine Bechet-Golovko 

La Cour des comptes européenne vient de rendre un rapport spécial sur l'aide de l'UE en faveur de l'Ukraine. Et le constat est sec et sans appel: c'est un échec total, tant sur la manière dont l'aide a été apportée, que sur les effets produits puisque la conclusion est "malgré le nouvel élan donné aux réformes depuis 2014, les résultats obtenus à ce jour restent fragiles. Les résultats des mesures de lutte contre la corruption ne sont pas encore visibles.". L'Ukraine est un trou sans fond géré par des clans oligarchiques maniant la corruption en guise de politique d'Etat.

Le 7 décembre 2016, la Cour des comptes européennes a publiés un rapport spécial sur l'Ukraine, concernant la période 2007-2015. Les auditeurs ont fait beaucoup d'efforts pour ne pas trop porter d'attention au coup d'Etat du Maïdan et pour le considérer comme un des moments de la construction de la démocratie européenne ukrainienne. Mais finalement cela ne change pas grand chose à la conclusion: la politique de l'UE en Ukraine est un échec, car elle a été adoptée dans l'urgence, sans réflexion approfondie:
  • L'Union a réagi promptement à la crise de 2014 en mobilisant une enveloppe de 11,2 milliards d'euros sur sept ans, mais cette solution a été décidée dans l'urgence. L'UE a octroyé et versé rapidement des sommes considérables, sans avoir établi de stratégie au préalable.

La décision était politique: il fallait payer la révolution, pour que ceux qui prenaient le pouvoir aient le temps de s'installer au pouvoir. Donc, forcément, il n'y a pas eu de critères particuliers dans l'octroie de l'aide, ni de suivi sérieux dans l'utilisation qui en a été faite:
  • Des insuffisances dans la fixation des conditions de l'aide ou dans l'évaluation de leur réalisation ont affecté la conception de l'appui budgétaire et de l'aide financière. 

Les auditeurs se rassurent en soulignant que des cadres législatifs furent adoptés en ce qui concerne la lutte contre la corruption ou la réforme des finances publiques. Ces remarques sur le travail législatif ukrainien tombent juste après que le député ukrainien Alexandre Onichenko ne soit allé aux Etats Unis remettre au ministère de la Justice des documents compromettant Poroshenko, réception des documents confirmée par le FBI. Par des enregistrements audios, il met en lumière comment Poroshenko achetait les voix des députés pour faire voter certains textes, de 20 000 à 100 000$ la voix selon le "cours" du député en question et l'importance du vote. Il met également en évidence comment une partie des fonds versé par le FMI est utilisée pour la guerre dans le Donbass, dans laquelle Poroshenko est personnellement intéressé. Sans oublier qu'il apris le contrôle, par l'intermédiaire de la nomination de proches, des grosses entreprises publiques: ils concluent des contrats avec des entreprises privées, qui elles servent à blanchir l'argent et à le reverser.

Le vent tourne, le FBI est intéressé par les documents présentés, l'UE par l'intermédiaire de la Cour européenne des comptes remet en cause sa politique de soutien aveugle et propose un certain mouvement de recul - en langage diplomatique:
  • Les auditeurs formulent plusieurs recommandations visant à améliorer l'efficacité de l'aide de l'UE en faveur de l'Ukraine. La Commission et le Service européen pour l'action extérieure devraient: • accorder une plus grande importance à la gestion des finances publiques dans le processus de dialogue avec l'Ukraine; • améliorer la formulation des conditions de l'aide financière et les versements de cette dernière; • renforcer le suivi de la mise en œuvre de l'aide de l'UE; • accorder une plus grande importance à la mise en œuvre effective des réformes et à leur pérennité; • prendre des mesures pour rendre plus efficace l'aide de l'UE octroyée à l'Ukraine dans le domaine du gaz.

La période de l'aveuglement prend fin, les temps changent et le projet Ukraine ne semble plus aussi rentable politiquement au regard de l'évolution de la situation internationale.

Karine Bechet-Golovko 


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Erwan





jeudi 8 décembre 2016

A chaque jour suffit sa peine

Bombardements importants dans la banlieue de Donetsk


Depuis le début de ce mois de décembre, les pressions de l'armée ukrainienne se sont intensifiées sur la ligne de front du Donbass, par des attaques terrestres comme à Sahanka dans le Sud de la République de Donetsk où 2 assauts ont été repoussés ce week-end, mais surtout par des tirs continus aux armes légères jusqu'aux obusiers de gros calibre. 

Le nombre des tirs ukrainiens réalisés contre la DNR dépasse désormais les 1000 violations quotidiennes du cessez-le feu, principalement la nuit mais également et de plus en plus fréquemment en journée 

Comme chaque jour l'armée ukrainienne a bombardé hier les territoires de la République de Donetsk infligeant de nouvelles destructions et pertes parmi la population et les forces armées positionnées sur la ceinture autour de la cité de Donetsk.

Les tirs de la journées d'hier sont venus compléter des combats qui se sont déroulés tout au long de la journée dans les secteurs "de contact" où la zone grise séparant les tranchées n'est que de quelques centaines de mètres. 

7 décembre 2016 - Combats à Staromikhailovka (Ouest Donetsk)

Comme de coutume maintenant, l'artillerie ukrainienne a ciblé des objectifs importants au moment d'une réunion du groupe de contact chargé de trouver une solution pour débloquer le processus de paix signé à Minsk il y a plus de 2 ans.

Cette fois ce sont les unités d'appui de la 92ème Brigade Mécanisée ukrainienne qui ont bombardé l'usine chimique d'Avdeevka (au Nord Est de Donetsk) où un incendie s'est déclaré vers 17h00. L'incendie sera rapidement maîtrisé et la catastrophe écologique écartée.

Mais c'est pendant la soirée que les bombardements de Kiev ont été les plus intenses, surtout dans les quartiers Nord et Ouest de Donetsk dès le début de la soirée et jusqu'au milieu de la nuit.

Face aux tirs ukrainiens les unités d'artillerie de la DNR ont à leur tour engagé le feu vers 22h15 en réalisant des tirs de contre-batterie sur les positions ennemies repérées. 

7 décembre 2016 - Bombardements ukrainiens dans les quartiers Nord de Donetsk

Le bilan de ces bombardements est à la fois importants et chanceux car si  plus d'une douzaine de maisons ont été endommagées par les tirs, en revanche seuls 2 blessés ont été enregistrés pendant la nuit. La fourniture en gaz et en électricité a été également touchée grévant plus de 300 foyers de Kuybichevsky.

Ici, sur la ligne de front, les populations soumises aux bombardements quotidiens des ukrainiens depuis plus de 2 ans ont acquis des réflexes et des habitudes de détection des tirs, et de modes de vie à l'abri des explosions. Il faut également observer que la plupart des maisons sont dotées de caves et de matériaux de construction (pierres ou briques pleines) très résistants aux éclats et même aux coups direct (voir photo ci après)

Bombardement ukrainien du 7 décembre 2016 à Kuybichevsky

Les dégâts dans le quartier de Kuybichevsky (Nord Ouest de Donetsk)

Ce matin, de nouveaux bombardements erratiques ont frappé le quartier témoins de la haine et de l'impuissance d'une armée ukrainienne prise au piège du siège qu'elle a organisée autour du Donbass, car elle ne peux ni avancer, ses attaques se brisant sur les défenses républicaines, ni reculer car les territoires qu'elles occupent aujourd'hui rejoindraient aussitôt les Républiques de Donetsk ou Lugansk...





La solidarité des peuples de Russie s'amplifie 

Pendant ce temps là la vague de fond des flash-mobs se transforment en tsunami. 

Commencés en novembre à Zaporodje en Ukraine, les manifestations chantées des peuples de Russie contre leur ostracisation violente menée par le gouvernement de Kiev dont le président vient de déclarer vouloir "enterrer l'Union soviétique définitivement" gagne toutes les régions de la Novorossiya mais également la Russie, et même à l'Ouest de l'Ukraine.

Ainsi par exemple ce dimanche 4 décembre en Moldavie (qui vient d'élire un gouvernement pro-russe) une foule s'est réunie dans la gare de Chisinau pour entonner une série de chants populaires russes, montrant au monde que l'identité russe survivra aux régimes politiques qui s'en vont (URSS) où à ceux qui l'attaquent (Kiev, UE...)

Flash-mob antifasciste en Moldavie 

En Ukraine, les manifestations chantées continuent à la barbe des autorités qui semblent aujourd'hui débordées et impuissantes face à ce mouvement populaire pacifique et imprévisible, qui apparaît spontanément où bon lui semble obéissant seulement à un appel des coeurs indéfectiblement russes. 

Ainsi au centre de l'Ukraine, à Aleksandria dans l'oblast de Kirovograd, ou a été entonné la chanson patriotique "Zhuravli" (Les grues)



Comme la plupart des chansons choisies pour ces flash-mobs russes en Ukraine "Les grues" est devenue un mythe de la tradition populaire russe et immortalise le sacrifice des soldats tombés au chant d'Honneur. Le texte de la chanson est une traduction russe d'un poème oriental écrit par le poète daghestanais Rasul Gamzatov, membre du Soviet suprême de l'URSS dans les années 60, lorsqu'il revenait du mémorial d'Hiroshima au Japon ou les grues blanches symbolisent également les âmes des victimes de la guerre (ce thème existe également en France avec "les oies sauvages")

"Il me semble, parfois, que les soldats
Qui ne reviennent pas des champs ensanglantés,
Se sont couchés un jour, ailleurs que dans notre terre,
Et se sont transformés en grues blanches."


Rapidement cette chanson est devenue le symbole du souvenir des personnes tuées dans la Grande Guerre patriotique, Choisir cette chanson est d'autant plus symbolique, que Rasul Gamzatov, l'auteur du poème que Nahum Grebnev, son traducteur ont tous deux un lien avec l'Ukraine : en effet le frère de Gamzatov, Mohammed a été tué en défendant Sébastopol et Grebnev lui a combattu avec l'Armée rouge en 1941, à Kharkov, Donetsk et Stalingrad où il a été blessé 3 fois en défendant la ville...

Zhuravli - Les grues
Paroles: Rasul Gamzatov  (texte russe: N. Grebnev) - Musique: Ian Frankel, 

Il me semble, parfois, que les soldats
Qui ne reviennent pas des champs ensanglantés,
Se sont couchés un jour, ailleurs que dans notre terre,
Et se sont transformés en grues blanches.

Depuis lors, et aujourd'hui encore,
Ils volent et nous font entendre leur voix.
N'est-ce pas pour cela que, si souvent,
Nous nous taisons pour regarder tristement le ciel?

Les grues lasses volent en V dans le ciel,
Dans le brouillard, à la tombée du jour,
Et il y a un petit espace dans cette formation,
Peut-être est-ce une place pour moi.

Le jour va se lever et, de la volée de grues,
Je flotterai dans cette même brume bleuâtre,
En vous interpellant, comme un oiseau, dans le ciel,
Vous tous, que j'ai laissés sur terre.

Il me semble, parfois, que les soldats
Qui ne reviennent pas des champs ensanglantés,
Se sont couchés un jour, ailleurs que dans notre terre,
Et se sont transformés en grues blanches...


La célèbre version chantée par Mark Bernes


Et d'autres flash mobs ont explosé ce week-end un peu partout comme par exemple :

- En Crimée, vidéo le lien : ICI
- En Belarus, vidéo le lien : ICI
- En Ukraine, à Chuguev, vidéo, le lien : ICI
- Dans le Donbass, à Snezhnoye, vidéo, le lien : ICI

Les communautés russes d'Europe de l'Ouest chantent à leur tour leur solidarité avec les russes d'Ukraine, comme ici en Italie, en reprenant la chanson "Katioucha" :


Plus Kiev poursuivra sa fuite en avant imbécile et meurtrière, plus elle s'isolera dans sa folie suicidaire tandis qu'autour d'elle les voix s'élèvent pour manifester une solidarité invincible aux côtés des défenseurs du Donbass qui depuis 2 ans et demi résistent héroïquement à une agression militaire disproportionnée à caractère génocidaire.

C'est certainement ici dans les tranchées gelées du Donbass où sous les voûtes des gares occupées que s'exprime le mieux cette âme russe pour qui la patrie est tellement sacrée et source de force invincible que Dostoïevski écrira "Celui qui a renié sa patrie, celui-là a aussi renié son Dieu ! "

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

Maisons détruites dans le quartier de Kuybishevsky le 7 décembre 2016





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